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Algérie - Feu Mohammed Merah, une affaire franco-française

Mise à jour à 16h: Le maire de Toulouse Pierre Cohen a décidé de reporter l'enterrement de Mohammed Merah de 24 heures et de changer de lieu. L'imbroglio continue.

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La polémique pourrait bien se terminer dans les heures à venir. Mohammed Merah, présumé auteur des fusillades de Montauban et de Toulouse sera finalement enterré le 29 mars à 17h près de Toulouse. Le jeune homme devrait être inhumé sous une tombe anonyme dans le carré musulman d’un cimetière de la banlieue de Toulouse, rapporte l’AFP.

Le corps aurait dû arriver en Algérie en fin de matinée. Sauf qu’Alger refuse d’accueillir la dépouille de Mohammed Merah:

«Le représentant de la mosquée de Paris a annoncé, à l'AFP qu'il a été "chargé par la famille d'organiser les funérailles dans les 24 heures en France en accord avec les autorités, parce que l'Algérie a refusé d'accueillir le corps de Mohammed Merah en invoquant des raisons de sécurité», relaie le quotidien algérien El Watan.

Selon le quotidien El Watan, l’éventualité d’un enterrement en Algérie divisait les membres de la famille Merah. Cela fait trois jours que la polémique enfle sur le lieu de l’enterrement du jeune homme de 23 ans tué par les forces du Raid à l’issue de plus de 30 heures de siège.

Son père, Benalel Merah, réclamait pourtant que son fils soit enterré en Algérie dans la commune de Souaghi à Médéa. «J'ai décidé d'enterrer, Inch'Allah, mon fils en Algérie», déclarait le père de Mohammed Merah dans une interview exclusive donnée au quotidien arabophone Echourouk. 

Lors de cet entretien, Benalel Merah dénonce par ailleurs l’exploitation des fusillades de Toulouse dans la campagne électorale. Pour le quotidien la Liberté, cette affaire d’enterrement a bien trop duré. Elle est révélatrice d’une gêne des deux côtés de la Méditerranée.

«La surmédiatisation des assassinats attribués à Mohammed Merah, dans un contexte français marqué par la campagne électorale pour la présidentielle, a quelque peu irrité Alger dans la mesure où les politiques français n’ont pas manqué d’impliquer, d’une façon ou d’une autre, l’Algérie, dans une affaire franco-française»,  précise le quotidien algérien.

Mais pour le quotidien, l’affaire Merah n’est pas terminée et pourrait bien se transformer en un «Toulouse Gate», selon le mot du journal Liberté. Des questions commencent à être posées en France et même à Bruxelles, conclut le quotidien.

Lu sur AFP, Liberté, El Watan

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