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Burkina Faso - Blaise Compaoré, expert en médiation ouest-africaine

«Blaise Compaoré, artisan de la paix». C’est là le slogan affiché par le comité d’accueil lors du sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui s’est tenu le 27 mars à Abidjan, rapporte le quotidien burkinabè le pays.

Après avoir joué par le passé le rôle de facilitateur dans les crises ivoirienne, togolaise et guinéenne, une fois de plus, le président burkinabè a été désigné par ses pairs pour mener les négociations avec la junte au pouvoir au Mali et la rébellion touarègue. De quoi parfaire sa réputation de spécialiste en la matière.

Dans une interview accordée au quotidien ouagalais, le président du Faso dit avoir accueilli cette désignation «avec émotion»:

«Je vais à cette mission avec beaucoup de réconfort car je sens que le peuple malien aujourd’hui ne veut pas de cette aventure. (…) La région est entièrement mobilisée avec moi pour ce dossier…»

L’organisation ouest-africaine semble avoir privilégié l’option diplomatique dans le règlement de la double crise politique et militaire au Mali.

«Le plus important aujourd’hui, c’est de commencer par le dialogue, de traiter cette question sur des bases civilisées. Ce n’est pas le premier choix des chefs d’Etat. Il s’agit d’abord pour nous de discuter», explique encore Blaise Compaoré.

Jeudi 29 mars, une délégation des chefs d’Etats du Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Libéria et du Nigéria devait se rendre à Bamako pour «un retour à l’ordre constitutionnel non négociable».

La mission a été annulée à la dernière minute après que des dizaines de manifestants pro-junte ont brièvement envahi le tarmac de l'aéroport de Bamako, dans la matinée. Ils entendaient protester contre la venue de cette délégation indique l'AFP.

A propos de la rébellion touarègue, il est ressorti du sommet de la Cédéao qu’«en cas de non-respect par les mouvements de ces décisions, la conférence prendra toutes les mesures nécessaires, pour mettre fin à la rébellion, et veillera à préserver l’intégrité territoriale du Mali, y compris par l’utilisation de la force», rapporte encore  Le Pays

Le journal explique qu’une des préoccupations majeures de l’organisation sous-régionale est de regagner une certaine crédibilité après les hésitations et les lenteurs manifestées lors de la récente crise politico-militaire en Côte d’Ivoire.

Peu de temps après le renouvellement de ses dirigeants, elle détient là l’occasion de montrer sa capacité à agir dans la cohésion et l’unité. Il s’agit à présent de faire preuve d’efficacité dans le règlement des conflits de la région.

Quand on l’interroge sur l’ensemble de cette stratégie, Blaise Compaoré, réaliste, conclut: «Je crois que ce ne sera pas si simple.»

Lu sur Le Pays,AFP

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