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Libye - Le CNT impuissant face aux milices tribales qui s'entretuent

Plusieurs mois après le renversement de Mouammar Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT) a toujours des difficultés à imposer son autorité en Libye, constate Al-Jazeera.

Pour preuve, les derniers affrontements entre milices dans le sud du pays qui ont fait 20 morts.

Ahmed Abdelkadir, un conseiller local, a expliqué que ces affrontements avaient éclaté le 25 mars entre anciens combattants rebelles de Sabha, la quatrième plus grande ville de la Libye, et des hommes armés de la tribu Toubou.

Un groupe d'hommes Toubou auraient essayé de voler la voiture d'un membre de la milice Sabha.

Ahmed al-Hamrouni, ancien commandant rebelle, a déclaré que des tirs de mitrailleuses et de roquettes avaient été échangés dans les rues principales de la ville, et qu’on pouvait voir une épaisse fumée noire s’échapper de l’aéroport de Sabha, précise la BBC.

Un médecin local, Ibrahim Misbah, a indiqué que 20 combattants étaient morts de blessures par balle et plus de 40 personnes avaient été blessées.

Il a confié à Reuters que «l'équipe médicale travaille nuit et jour depuis lundi soir [26 mars] et les blessés continuent d'affluer».

Un combattant de Sabha, Oweidat al-Hafnawi, a assuré que si l'aéroport était maintenant sous contrôle, il y avait «des snipers Toubou partout dans le centre-ville de Sabha et le nombre de blessés ne cesse d'augmenter».

Pour Issa Abdel Majid Mansour, représentant toubou au sein du CNT, le gouvernement veut «exterminer» son peuple, dont les membres vivent également au Tchad, au Niger et au Soudan.

«Nous annonçons la réactivation du Front toubou pour le salut de la Libye pour protéger le peuple toubou du nettoyage ethnique... Si nécessaire, nous demanderons l'intervention internationale et travaillerons sur la création d'un nouvel Etat, comme le Soudan du Sud».

Les forces gouvernementales sont arrivées dans la ville pour tenter de rétablir le calme et un comité de réconciliation aurait été mis en place pour essayer d'arrêter les violences, rapporte la BBC.

«La situation est très dangereuse et délicate. Nous suivons de près la situation et le chef de l'armée travaille sur l'envoi d'une équipe de la défense à Sabha» a déclaré à la télévision libyenne le vice-ministre de l'Intérieur Omar al-Khadrawi, rapporte Al-Jazeera.

Moustapha Abdeljalil, président du CNT, déplore l’absence d'une armée nationale forte qui pourrait convaincre les milices de se joindre aux forces armées et à la police.

«Je ne suis pas satisfait de la façon dont gouverne le CNT, parce qu'il est trop lent à prendre des décisions et manque de confiance dans son processus décisionnel», a-t-il déclaré à l'agence Associated Press lors d'une visite à Benghazi.

Il a également annoncé que des ministres incompétents pourraient être démis de leurs fonctions dans les mois à venir et qu'une assemblée de 200 membres élus en juin prochain aura la tâche de nommer les ministres du nouveau cabinet, rapporte Al-Jazeera.

Lu sur Al-Jazeera, BBC

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