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Violences au Kasaï en RDC: d'ex-miliciens Kamuina Nsapu promus

D'anciens miliciens membres de la rébellion Kamuina Nsapu qui a ensanglanté le centre de la République démocratique du Congo entre 2016 et 2017 ont été promus à des postes officiels selon une décision décriée mardi par les militants de droits de l'homme.

Kanku Nkata, ancien bras droit du chef milicien Jean-Pierre Pandi, a été nommé à la tête de "la garde civile" du gouverneur du Kasaï central, selon une série d'arrêtés pris par le gouverneur, Denis Kambayi.

La région du Kasaï, riche en diamant, s'est embrasée en septembre 2016, un mois après la mort d'un chef traditionnel opposé au président Joseph Kabila, Jean-Pierre Pandi alias Kamuina Nsapu, tué lors d'une opération militaire.

A sa mort, Kanku Nkata avait pris la tête de l'insurrection jusqu'au mois de mars 2017, avant de déposer les armes et remettre ses hommes aux autorités (quelques uns ont intégré la police nationale congolaise).

Deux autres chefs de la milice sont également promus. Guelord Tshimanga, "général" autoproclamé de la milice Kamuina Nsapu et Jean-Pierre Kasonga, qui fut le coordonnateur national du mouvement Kamuina Nsapu, ont été nommé "membres de la garde civile" du gouverneur.

Accusé d'avoir ordonné à ses hommes de tirer sur le cortège du précédent gouverneur en mars 2017, Tshimanga avait été arrêté et gardé pendant 7 mois à la prison de Kananga, capitale du Kasaï-central.  

Les trois hommes sont âgés de 30 à 40 ans.

Le gouverneur Kambayi a motivé son choix par "le soucis de donner de l'emploi à la jeunesse et la détourner de mauvaises intentions". 

"Ce que le gouverneur a fait est une prime à l'impunité et ça risque de donner des idées à d'autres chefs de milice de penser que prendre les armes ouvre les portes du pouvoir", a déclaré à l'AFP Arthur Padingani, de l'ONG Action congolaise pour la défense des droits de l'homme.

En une année, les affrontements entre Kamuina  Nsapu et forces de sécurité ont fait plus de 3.000 morts dont deux experts de l'ONU, 1,4 million de déplacés, deux récoltes ravagées, 1,2 million d'enfants atteints de la malnutrition chronique.

Malgré l'annonce de la fin du conflit, les problèmes d'insécurité sont encore rapportés surtout à Kananga. Les autorités soupçonnent les milices Kamuina Nsapu de tenter de se réorganiser autour d'un chef auto-proclamé, Nsabanga, responsable présumé de plusieurs attaques ces derniers mois.

AFP

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