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Maroc - Un diplomate et des danseuses du ventre israéliens persona non grata

A quelques jours de la Marche mondiale vers Jérusalem (GMJ), prévue à travers le monde le 30 mars, des dizaines de milliers de Marocains ont participé le 25 mars à un rassemblement géant de soutien aux Palestiniens au centre ville de la capitale Rabat. Ils entendaient également dénoncer la participation d’Israël à une conférence de l’Euromed au Maroc.

Al Adl Wal Ihssane (Justice et bienfaisance), le mouvement islamiste non autorisé mais toléré par les autorités, à l’origine de ce rassemblement, a affirmé que près de 100.000 personnes ont participé à la manifestation.

«Nous nous rendrons à Al-Aqsa, un million de martyrs vont à Jérusalem!», scandaient notamment les manifestants selon plusieurs organes de presse.

Selon les médias israéliens dont Israël Info ou la chaîne de télévision InfoLive, le diplomate israélien David Saranga, chef de liaison entre le Parlement Européen et la Mission Israélienne auprès de l’UE, qui participait à la 8ème Assemblée parlementaire de l’UPM (Union pour la Méditerranée) a du être évacué du Parlement marocain qui abritait la rencontre et a été escorté vers l’aéroport sous très haute sécurité. Il a du écourter son séjour à Rabat pour rejoindre Paris sur les conseils de la Commission européenne et des services de sécurité marocains.

«Les manifestants ont brûlé des drapeaux israéliens ou remplacé leur étoile de David par une croix gammée, tandis que d’autres brandissaient des drapeaux palestiniens» a rapporté le diplomate au Jerusalem Post qui a publié une photo prise par Reuters montrant un manifestant brûlant le drapeau de l’Etat hébreu.

Le site régional Oujda City apporte une toute autre version des faits qui tend à minimiser l’incident, niant le départ précipité de David Saranga et mettant même en doute l’autodafé du drapeau israélien.

Une situation qui a mis dans l’embarras le gouvernement marocain dirigé par les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD). Les ministres et députés du PJD ont certes boycotté la réunion, mais leur gouvernement a préféré ne pas commenter l’incident.  

«Une position qui tranche complètement avec celle adoptée par les islamistes du PJD, du temps de l’opposition, où ils manifestaient en juin 2002 devant un palace à Casablanca à l’occasion de la tenue d’un conseil de l’Internationale socialiste, laquelle avait connu la participation de députés israéliens du parti travailliste ou encore en novembre 2009 à Marrakech lors de la réunion des ministres de la Solidarité et de la Famille de l’UPM» commente le site communautaire Yabiladi.

Un embarras d’autant plus palpable que le ministère des affaires étrangères qui gère le dossier de l’UPM est lui aussi issu des rangs du PJD. D’ailleurs le président du parlement a rappelé par ailleurs la volonté du Maroc a participer activement au projet d’Union pour la Méditerrannée cher à Sarkozy et dans lequel Israël est impliqué.

Autre incident, toujours rapporté par le Jerusalem Post: quelques jours seulement après la mésaventure du diplomate israélien, un festival international de danse du ventre devant avoir lieu à Marrakech en mai a essuyé des critiques acerbes de la part de certains milieux islamistes et conservateurs marocains en raison de la participation d’artistes israéliens.

Le Jpost qui affirme reprendre des informations parues dans la presse arabophone croit savoir que les appels à la censure de cette manifestation artistique n’est pas seulement due à la présence de danseuses israéliennes, mais aussi «parce que ce style de danse est perçu comme offensant par les musulmans conservateurs».

Lu sur Jerusalem PostYabiladi

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