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Retour au calme

Le calme est revenu dimanche à Antananarivo, où une centaine d'opposants se sont rassemblés dans le calme sur une place emblématique, au lendemain d'affrontements avec les forces de l'ordre qui ont fait deux morts et 16 blessés, selon un nouveau bilan hospitalier.

"Parmi les blessés admis hier, nous en avons un qui vient de décéder aujourd'hui, ce qui amène à deux le nombre de décédés", a déclaré à l'AFP Olivat Alison Aimée Rakoto, chef de l'hôpital HJRA d'Antananarivo.

Une manifestation interdite d'opposants, dénonçant de nouvelles lois électorales qu'ils accusent de favoriser le pouvoir à quelques mois des élections législatives et présidentielle, a dégénéré samedi en affrontements avec les forces de sécurité, à l'issue d'un face à face tendu de trois heures sur la place du 13 mai, lieu historique de toutes les grandes manifestations dans la capitale malgache.

Plusieurs dizaines de soldats avaient bouclé l'accès à la place dans la matinée dimanche, avant de se retirer, laissant place aux opposants, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Je veux rendre hommage aux personnes qui ont été tuées ici hier", a expliqué Nirina, une manifestante. "Et je suis venue pour demander à nos dirigeants de démissionner".

Le Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana a présenté samedi soir au nom des autorités ses condoléances aux familles des victimes "face à la triste situation".

Il a promis l'ouverture d'une enquête pour faire la lumière sur l'origine du décès et lancé un appel au calme.

"Il faut maintenant supprimer de nos habitudes la recherche de solution par la violence. Je lance un appel à la population malgache à l'apaisement", a souligné le Premier ministre.

L'opposition a fait état samedi de quatre morts, tués par balle.

Les ambassadeurs de l'Union européenne et de la France ont appelé "tous les acteurs politiques à faire preuve de responsabilité et de retenue et à privilégier le dialogue", rappelant sa position" en faveur d'élections présidentielles en 2018, crédibles, transparentes et inclusives", dans un communiqué commun.

- "Plus mauvais" régime -

L'Union africaine a également appelé "au calme, à la retenue et à la responsabilité". "Madagascar n'a pas besoin de replonger dans une situation difficile à quelques mois des élections", s souligné Ahmed Youssouf Hawa, représentante spéciale de l'UA à Madagascar.

La manifestation avait été interdite par les autorités, mais l'opposition avait appelé à la maintenir pour dénoncer l'adoption récente de lois électorales controversées.

Elle était organisée dans un climat politique délétère où l'opposition accuse le régime du président Hery Rajaonarimampianina de vouloir la museler, à quelques mois des élections présidentielle et législatives prévues pour la toute fin de l'année.

"J'ai vécu les différents régimes successifs à Madagascar mais celui d'aujourd'hui est le plus mauvais", a dénoncé parmi les opposants Aimé Abel Jocelyn.

Hery Rajaonarimampianina se trouve en déplacement à l'étranger, selon ses services, qui n'ont pas précisé où il se trouvait. Il pourrait s'adresser dans la soirée à la nation, de source politique.

Elu en 2013, il n'a pas encore annoncé s'il allait briguer un second mandat.

En revanche, deux anciens chefs de l'Etat ont déjà laissé entendre qu'ils se présenteraient: Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014. Tous les deux avaient été interdits de candidature en 2013.

M. Ravalomanana avait été renversé en 2009 après une mutinerie de l'armée qui avait permis à M. Rajoelina, alors maire d'Antananarivo, de devenir président non élu d'une transition jusqu'en 2014.

L'arrivée au pouvoir de M. Rajaonarimampianina a mis un terme aux crises politiques à répétition dans la Grande Ile.

AFP

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