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Pourquoi le roi Mswati III veut censurer Facebook et Twitter

Le Swaziland veut interdire aux internautes swazis de critiquer le roi autocratique Mswati III et son royaume. Selon Times of Swaziland, le ministre de la Justice Mgwagwa Gamedze a affirmé travailler sur une législation pour sanctionner tout commentaire irrespectueux publié sur les réseaux sociaux.

«Nous serons sévères envers ceux qui écrivent de mauvaises choses sur le roi via Twitter et Facebook, a déclaré Gamedze au Sénat. Le gouvernement est en train de finaliser une loi qui rendra illégal d'insulter le roi sur les réseaux sociaux

Le sénateur Thuli Msane est à l’origine du débat en faisant part de ses craintes quant à la réputation de la dernière monarchie absolue d’Afrique.

«C'est si comme le peuple swazi traversait la frontière vers les pays voisins et qu’il manquer de respect à leur propre pays et au roi. Il y a sûrement quelque chose à faire, une loi qui peut les sanctionner», s’est interrogé Msane.

Le Swaziland est au bord de la faillite depuis la crise financière de 2011. Alors que les deux tiers de la population vivent dans une extrême pauvreté, le roi Mswati III est réputé pour son train de vie luxueux, rappelle Times of Swaziland. Depuis l’année dernière, de nombreuses manifestations étudiantes et syndicales se sont organisées grâce aux réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter.

La plupart des médias du Swaziland sont contrôlés par le roi comme l’un des deux quotidiens nationaux qui lui appartient, indique le blog Swazi Media Commentary qui s'intéresse particulièrement aux Droits de l'Homme. Pour le blog swazi, cette censure a entrainé l’explosion des blogs et des comptes Facebook et Twitter qui promeuvent la démocratie et critiquent le pouvoir.

«Le gouvernement est désespéré en ce moment, a affirmé Pie Vilataki, porte-parole de Réseau de solidarité du Swaziland. Ca va être difficile pour lui, parce que les gens parlent et continueront à parler. Ils disent qu'il y a la liberté d'expression au Swaziland. Mais si les gens ne sont pas autorisés à critiquer les dirigeants, il n'y a pas de liberté d'expression.»

Selon le blog Swazi Media Commentary, cette volonté politique n’est pas la première tentative du gouvernement. En mai 2011, le Secrétaire principal au ministère de la Communication, de l’Information et de la Technologie avait annoncé la création d’une police spécialement entraînée pour traquer les internautes. Jusqu’alors aucune sanction ni arrestation n’a encore été menée à terme.

Lu sur Times of Swaziland, Swazi Media Commentary

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