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Mali - Pourquoi les Maliens en ont marre de la junte (VIDEO)

La junte apparaît plus que jamais isolée, entre les condamnations unanimes de la communauté internationale et le désaveu grandissant du peuple malien.

Après la classe politique malienne qui s’est déclarée contre le putsch, lundi 26 mars 2012, c’était au tour de la population de manifester son opposition à un coup d’Etat qui la prive d’un scrutin présidentiel qui devait se tenir le 29 avril.

«A bas les putschistes», «Vive la démocratie et vive le Mali», «Sanogo, dégage !», «libérez l’ORTM !» (La radiotélévision publique occupée par les mutins).  C’est à ces cris que les Bamakois ont manifesté devant la Bourse du Travail de la capitale, rapporte le site Afriscoop. Interrogé par le média, Idrissa, un jeune mécanicien de Bamako, s’indigne:

«Les militaires ne feront plus la loi au Mali. Nous ne sommes qu’au début du mouvement et sommes déterminés à les renvoyer dans les casernes où ils seront plus utiles à la nation.»

Les manifestants ont afflué à ce point de rendez-vous à l’appel du Front Uni pour la sauvegarde de la Démocratie et de la République (FUDR), mouvement qui regroupe 38 partis et organisations de la société civile.

Des formations politiques importantes comme l’Union pour la République et la Démocratie (URD) et l’Alliance pour la démocratie (Adema) en sont membres souligne le Journal du Mali.

Soumaïla Cissé, candidat à la présidentielle et ancien président de la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), a été vu parmi les meneurs (VIDEO).

Les militants qui devaient initialement entamer une marche ont finalement décidé de manifester dans la Cour du point de rassemblement précise l’AFP.

Le 26 mars est un jour symbolique pour les Maliens. C’est le jour anniversaire de la révolution qui a chassé le régime sanguinaire du dictateur Moussa Traoré par… Amadou Toumani Touré (ATT) en 1991.  

Après plus de deux décennies au pouvoir, Traoré en avait été chassé par un coup d’Etat qui se voulait le prolongement d'un soulèvement populaire sévèrement réprimé, rappelle le Journal du Mali.

«Nous ne tolérons pas aujourd’hui qu’on hypothèque la démocratie si chèrement acquise», avertit le leader syndical Siaka Diakité, secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm).

Selon l’AFP, à l’Université de Bamako, une manifestation de quelques centaines d’étudiants à également eu lieu dans la journée.

Lu sur Afriscoop, Journal du Mali, AFP

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