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Algérie - Mohammed Merah, une sépulture encombrante?

La nouvelle vient de tomber. La famille de Mohammed Merah souhaite l’enterrer en Algérie.

«L'inhumation de Mohammed Merah, ce Français d'origine algérienne de 24 ans tué jeudi dernier [le 22 mars] par des policiers du RAID après un siège de plus de 32 heures de son domicile à Toulouse où il s'était retranché, divise sa famille», écrit l’éditorialiste d’El Watan.

Deux parents proches de Mohammed Merah sont sortis de l’ombre pour réclamer la dépouille du jeune homme et porter plainte contre la France.

Concernant la plainte, Mohammed Benallel Merah, le père de Mohammed Merah, entend «engager les plus grands avocats et travailler le reste de ma vie pour payer les frais».

«Je vais porter plainte contre la France pour avoir tué mon fils».

«La France est un grand pays qui avait les moyens d’arrêter mon fils vivant. Ils auraient pu l’assommer avec du gaz et l’arrêter, ils ont préféré le tuer».

Une sépulture encombrante? L’inhumation aura peut-être lieu en Algérie, plus exactement au village de Bezzaz, dans la commune de Souaghi (wilaya de Médéa). Le père de Merah est originaire de ce village de la wilaya de Médéa. Il vit actuellement entre Tiaret, où il gère une société de matériaux de construction.

«Les autorités algériennes ne s’opposeraient pas à une éventuelle inhumation de Mohammed Merah, en Algérie», a appris Algérie Plus.

Mais il y a fort à craindre que la sépulture du jeune homme fasse l'objet d'un culte. A l'instar de Ben Laden ou de Mouammar Kadhafi, on craint le pélerinage, ou inversement la profanation.

«Mohammed voulait s'installer en Algérie où il comptait fonder un foyer parce qu'il avait fini par détester la France où sa situation sociale était devenue difficile», raconte son oncle maternel. «Il avait alors demandé à son père de lui acheter un appartement pour se marier ».

Interrogé par le quotidien El Watan, l’oncle confie son incompréhension et sa surprise. En 2010, il a vu son neveu, certes perdu, mais loin d’être un extrémiste.

«La dernière fois que je l’ai vu, c’était en 2010, c’était un jeune perdu, bon et naïf, j’avais l’impression de parler à un gamin de 16 ans et non de 23 ans ! Il faisait la prière, me posait beaucoup de questions sur comment faire les ablutions, les rituels religieux, mais il n’était pas un extrémiste».

«J’ai compris en le voyant qu’il était très déçu de ne pas pouvoir intégrer l’armée en France. Il avait très mal vécu cela. De plus, il était vraiment perdu, sans vrai tuteur, il s’est fait son éducation quasiment seul», confie l’oncle au quotidien algérien El Watan.

Par ailleurs, les bureaux parisiens d'Al-Jazeera ont reçu les montages vidéos des tueries de Mohammed Merah à Toulouse et Montauban. La chaîne n'exclurait pas de diffuser les vidéos, selon selon le chef du bureau parisien de la chaîne, Zied Tarrouche, cité par BFMTV.

 Lu sur El Watan, Algérie Plus, DNA

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