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Mauritanie - La réconciliation nationale avec tous les rapatriés noirs

La Mauritanie a célébré le 25 mars à Rosso, ville frontalière au Sénégal, située à 200 kilomètres au Sud de Nouakchott, la journée de la réconciliation nationale, à l’occasion de la dernière vague des rapatriés mauritaniens du Sénégal, rapporte l’agence d’information mauritanienne Alakhbar.

Placée sous la présidence du chef d’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, la cérémonie s’est déroulée en présence de membres du gouvernement mauritanien et sénégalais, du Haut-commissaire des Nations unies aux réfugiés (HCR), ainsi que plusieurs milliers d’habitants de Rosso, précise le site d’information MauritanieWeb.

Le président a salué une journée historique «destinée à fermer des plaies ouvertes par les douloureux événements de 1989».

«Cet événement constitue une fin heureuse d’une épreuve qui a failli ébranler la cohésion nationale», a-t-il ajouté, rapporte RFI.

Entre 1989 et 1991, de violents affrontements communautaires sous le régime du président Taya (1984-2005) avaient conduit à l'expulsion de dizaines de milliers de Mauritaniens d'origine négro-africaine vers le Sénégal et le Mali.

Ces populations noires ont été rapatriées sur la base d’un accord tripartite entre les gouvernements mauritanien, sénégalais et le HCR, signé en novembre 2007.

Pour sa part, le Haut-commissaire des Nations unies aux réfugiés, Antonio Guterres, a salué «l’ouverture et la tolérance des autorités mauritaniennes, qui ont permis de mener cette opération de rapatriement des populations depuis le 29 janvier 2008».

«Le rapatriement est un succès et 24.000 Mauritaniens sont rentrés chez eux, en sécurité et dignité. L’étape la plus importante, c’est le développement économique des régions où ces réfugiés s’insèrent. Et ça, c’est tout le défi de la Mauritanie qui mérite l’appui et l’engagement de la communauté internationale», rapporte RFI.

Hébergé dans des sites provisoires pour y achever les formalités d'inscription, les rapatriés attendent de recevoir leurs pièces d'état civil avant de se diriger vers l'intérieur du pays.

Plusieurs associations de victimes ont assisté à la cérémonie avec des banderoles revendiquant notamment leur réinsertion et l'accès à l'éducation, précise le site d’information African Manager.

Pour Ibrahim Mamadou Ndiaye, président de l’Union nationale des rapatriés mauritaniens du Sénégal (UNRMS), la revendication primordiale, est la remise des terres spoliées en 1989 à leurs propriétaires.

«Il y a trois mille hectares qui sont mis à la disposition des rapatriés. Pour moi, ces trois mille hectares sont très insuffisants par rapport à ce que possédaient ces rapatriés».

Il a également souligné qu’il restait des personnes à rapatrier:

«Tout le monde n’est pas rentré. Il y a ceux qui restent au Sénégal et qui ont manifesté leur désir de rentrer et qu’ils ne sont pas rentrés. Il y a encore des milliers qui sont restés là-bas. Il y a nos confrères du Mali qui veulent rentrer et je ne sais pas quel est leur sort?»

Le président Ould Abdel Aziz a promis de renforcer les efforts entrepris par l’Etat.

«Je réitère notre détermination à aller de l’avant dans le règlement de toutes les séquelles du passif humanitaire.»

Pour l'instant, l'Etat s'est engagé à aménager des terres agricoles et à protéger par des barbelés des réserves pastorales pour leur bétail.

De plus, une commission interministérielle devrait être chargée de réinsérer dans la vie publique les anciens fonctionnaires et de faire bénéficier ceux qui ont atteint l'âge de la retraite d'une pension, rapporte AfriqueInfos.

Lu sur Alakhbar

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