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Kenya - Pourquoi les guerriers Maasai jouent au cricket en tenue traditionnelle (VIDEO)

Les guerriers Maasai du Kenya se sont amourachés depuis peu du cricket.

Des accessoires de la tenue sportive réglementaire, ils n’ont que les gants et les protèges tibia.

Armés d’une batte de cricket, ils arborent leurs tenues traditionnelles appelées shuka, rouge vif, et leurs colliers de perles.

Selon Times Live, porter leurs habits ancestraux revient à montrer fièrement leur culture. Bientôt, ces guerriers de la province de Rift Valley vont concourir à un tournoi à Cape Town et ils refusent d’abandonner leurs parures.

«Ils vont promouvoir l'image du Kenya en jouant dans leur costume traditionnel, en ajoutant un peu de saveur africaine dans le tournoi», a déclaré Aliya Bauer, leur entraîneur, à la BBC.

L’équipe, composée de 20 joueurs Maasai, doit participer au tournoi Last man stands.

Pour être fin prêts, ils ont été entrainés par de grands joueurs kényans comme Steve Tikolo qui, lui, désapprouve l’abandon de la tenue réglementaire au profit des habits traditionnels.

«Le cricket a ses propres règles qui doivent être suivies, explique Tikolo à la BBC. J'apprécie qu'ils veulent mettre en avant l'image du Kenya, mais ils doivent jouer dans l'uniforme de cricket normal, et non avec leurs costumes traditionnels.»

Quoi qu’il en soit, le cricket a totalement été adopté par les Maasai. Malgré le manque d’équipements et d’infrastructures, leur entraineur a tout fait pour promouvoir ce sport auprès des populations rurales de la région de Laikipia au centre du Kenya.

Selon le Times Live, Bauer est arrivée au Kenya, il y a 5 ans, pour tout autre chose: l’étude des primates. D’origine sud-africaine, cette ancienne joueuse de cricket confie au journal d’Afrique du Sud que des groupes d’éléphants les ont souvent contraints à arrêter l’entrainement.

«Enseigner un nouveau sport à des gens qui ne l’ont jamais vu est assez difficile, a-t-elle admis au Sun Daily. Au début, la communauté n'a pas montré beaucoup d'intérêt pour le cricket car elle a été associée à de nombreuses activités scolaires et beaucoup ne comprenait pas les règles.»

Aujourd’hui, le cricket est enseigné dans une vingtaine d’école de la région de Laikipia, rapporte le Sun Daily. Aliya Bauer profite de la diffusion de ce sport pour faire de la prévention concernant le sida, les mutilations génitales, les mariages forcés, les drogues, l’alcool et la protection de l’environnement.

«J’utilise ma passion pour amener un changement social chez les jeunes dans les communautés Maasai. Le cricket est la plate-forme que nous utilisons pour sensibiliser sur les questions sociales telles que le VIH/sida, l'abus d'alcool ainsi que les pratiques culturelles néfastes comme l'excision», assure-t-elle.

Lu sur Times Live, BBC, Sun Daily

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