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Soudan - George Clooney surveille les crimes de guerre depuis l'espace

Le satellite «anti-génocide» de George Clooney fait enfin ses preuves. Montée et financée par le célèbre acteur américain, l’association Satellite Sentinel Project (SSP) a pour objectif de surveiller la zone soudanaise pour détecter de potentielles violations des Droits de l’Homme au Soudan, notamment dans la partie méridionale.

Selon le Guardian, SSP collecte les images satellites et les compare pour analyser chaque nouvelle route, chaque mouvement de troupes militaires… L’acteur américain et son équipe ont présenté une partie de leurs travaux à une Commission sénatoriale aux affaires étrangères à Washington DC.

«Il ne fait absolument aucun doute qu’il s’agit de crimes de guerre», a déclaré l'acteur à cette commission à propos des images satellites du Soudan, rapporte International Business Times.

Opérationnel depuis 15 mois, SSP a déjà montré ses possibilités d’action. En septembre dernier, les membres de l’association ont repéré plus de 3.000 soldats en partance pour attaquer la ville de Kurmuk au Soudan, près de la frontière éthiopienne. Ils ont pu prévenir les autorités sur place et certaines personnes ont pu fuir. A partir de ce moment, l’ONG a pris conscience que son rôle dépassait la simple observation et qu’elle pouvait agir, explique le Guardian.

Basée près de Havard Square dans la périphérie de Cambridge, l’ONG est en partie composée d’étudiants bénévoles. Nathaniel Raymond dirige cette petite équipe, explique le Guardian. Pour pouvoir agir, SSP a signé des accords avec le groupe Google et la société d'imagerie satellite Digital Globe.

«C'est une collaboration qui est en soi révolutionnaire. Personne ne pourrait le faire seul», assure Nathaniel Raymond.

Mais si cette démarche est inédite dans l’humanitaire, la question de l’éthique est incontournable, rappelle International Business Times. Appartenant au domaine privé, SSP est considérée comme une association et aucune législation précise n’existe sur ces pratiques.

Pourtant, l’usage d’images satellites, utilisées par les pays, est considéré comme de l’espionnage. Les images collectées restent confidentielles et théoriquement utilisées à des fins de sécurité nationale, explique le site d’information américain.

«Il s’agit d'espionnage s'il s'agit d'un pays, des Nations Unies, peut-être. Mais que faire si je suis un paparazzi avec un objectif de 400 miles [644km]? Est-ce de l'espionnage? Je suis juste un touriste et je prends des photos que je mets sur le Web», a répliqué George Clooney en réponse à ces questions éthiques.

«Nous espérons que c'est un concept qui va devenir omniprésent dans notre trousse à outils, affirme Nathaniel Raymond. [Il doit y avoir un nouveau, ndlr] code d'éthique, juridique et moral, pour [les territoires] en cours de mappage», avant d’ajouter: «Avec le succès vient la responsabilité.»

Lu sur Guardian, International Business Times

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