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Au Sénégal, pour qui votent les Casamançais?

Si l’on dit Sénégal, le touriste qui se prépare à visiter ce pays d’Afrique de l’Ouest entend, bien sûr, Dakar, la capitale. Il entend surtout des destinations mythiques comme M’bour ou Saly. Mais, il entend aussi la Casamance, une région située aus sud-ouest du pays, et qui, selon le site du quotidien Le Monde, a «tout pour faire rêver».

À la faveur de l’élection présidentielle dont le second tour oppose ce 25 mars, Abdoulaye Wade, le président sortant, et son ex-Premier ministre Macky Sall, donné favori, le quotidien français propose une incursion dans cette région frappée depuis trente ans par un conflit «de basse intensité qui oppose l’Etat central à quelques centaines de combattants indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC)». Du coup, explique le reporter du monde, la Casamance vit isolée de Dakar. Et ses habitants, manifestement las des promesses non tenues par les différents gouvernements, semblent ne plus rien attendre du scrutin présidentiel.

Le quotidien Le Monde a rencontré plusieurs personnes sur place, qui racontent leurs difficultés du quotidien et leur ras-le-bal de l’insécurité qui règne en Casamance. Ces personnes témoignent surtout de leurs frustations et de leur sentiment d’avoir été «abandonnées». C’est le cas de Stéphanie Mallak, une Casamançaise née en 1970, qui a perdu sa jambe en marchant sur une mine antipersonnel, en allant cueillir des citrons:

«Aujourd'hui encore, ceux qui reviennent dans le village pour la cueillette croisent des rebelles. L'armée ne vient pas, la sécurité n'est pas là. On ne rentrera pas chez nous», dit-elle, comme pour exprimer son dépit.

Ce à quoi Nouah Cissé, un historien vivant dans la région ajoute:  

«Ces dernières années, le régime d'Abdoulaye Wade a surtout cherché à semer la zizanie au sein du MFDC à coups de valises d'argent, provoquant la division et la suspicion entre les différents commandants de zone, sans gagner la bataille de la paix

Le reportage du Monde fait également savoir que les populations casamançaises, inquiètes pour la sécurité de leur région, sont aussi frutrées de ne pas pouvoir exploiter et jouir des richesses de la Casamance, dont les importantes ressources halieutiques. Ils en arrivent donc à conclure, comme Jean-Pascal Ehemba, un natif de la région:  

«C’est à nous de lutter pacifiquement pour nous en sortir sans attendre que cela vienne de Dakar. Dieu nous aidera 

Lu sur Le Monde.fr