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Libye: nette baisse du nombre de migrants en détention, selon un reponsable

Le nombre de migrants détenus par les autorités libyennes a enregistré une nette baisse sur un an, passant de plus de 27.000 en mai 2017 à 5.200 actuellement, a annoncé lundi à l'AFP un haut responsable libyen.

Le général Mohamad Bichr, chef du département de lutte contre l'immigration clandestine (DCIM) a ajouté que cette baisse avait permis la fermeture d'une vingtaine de centres de détention depuis mai 2017.

Ainsi, le pays ne compte plus que 32 centres de détention, contre 53 en mai 2017, a-t-il ajouté.

Cette baisse s'explique par l'accélération du rythme de rapatriements des migrants menés notamment par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Plusieurs pays africains ont aussi rapatrié des centaines de leurs ressortissants ces derniers mois suite à un scandale né après la diffusion d'un reportage de CNN sur un trafic d'esclaves présumé.

M. Bichr a précisé que les 5.200 migrants détenus en Libye étaient considérés comme réfugiés par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et devaient être évacués vers des pays tiers.

Ils sont originaires notamment d'Ethiopie, Somalie ou Erythrée, a-t-il dit.

Quelque 48.000 réfugiés sont enregistrés en Libye selon le HCR, qui espère évacuer entre 5.000 et 10.000 réfugiés vers des pays tiers en 2018.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue une plaque tournante de l'immigration clandestine vers les côtes européennes.

Ce pays en proie au chaos est régulièrement pointé du doigt pour l'exploitation et les mauvais traitements infligés aux migrants originaires d'Afrique subsaharienne, qui arrivent pour la plupart en Libye pour tenter la traversée périlleuse de la Méditerranée.

Dans un document confidentiel remis début février aux 15 membres du Conseil de sécurité, des experts de l'ONU estiment que le trafic d'êtres humains est en augmentation en Libye et accusent les forces libyennes d'aider des groupes armés dans leur contrôle des routes migratoires.

Le général Bichr a indiqué que des commissions d'enquête avaient été mises en place par le DCIM pour poursuivre tout membre de son personnel qui serait impliqué dans le trafic d'immigration.

Il a reconnu que les conditions de détention des migrants "ne sont pas conformes aux normes". "Mais nous essayons de fournir un minimum de services aux plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants", a-t-il assuré.

M. Bichr a ajouté qu'il n'avait pas connaissance de centres de détention hors du contrôle du DCIM, comme l'affirment des organisations internationales. Il s'agit sans doute de centres de rassemblement de migrants tenus par des trafiquants, a-t-il dit.

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