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Maroc - Moulay Hicham, le «prince rouge», produit un docu révolutionnaire

On connaissait les goûts écclectiques du prince Moulay Hicham, mais pas celui d’être féru de cinéma engagé.

Le cousin germain du roi Mohammed VI et troisième dans l’ordre de succession au trône du royaume du Maroc, celui que la presse appelle depuis des années le «prince rouge» pour ses prises de position en faveur d’une évolution du régime vers une monarchie parlementaire, a produit un documentaire «retraçant les parcours tumultueux des marches vers la démocratie» rapporte E-Marrakech

«A Whisper to a Roar», littéralement, «Du murmure au rugissement», dont le tournage a débuté en 2008, sera en avril prochain, en avant-première à l’université californienne de Stanford, où le prince anime sa fondation éponyme. Le film sera distribué aux Etats-Unis et en Europe cet été.

Selon E-Marrakech, «le film réalisé par le cinéaste américain Ben Moses, se veut une rétrospective historique et humaine des transformations à la démocratie, grondant aux quatre coins du monde, dont l’ultime illustration fût le printemps démocratique en Afrique du Nord».

Moulay Hicham y fait plusieurs apparitions, endossant le rôle d’interviewer politique de grandes figures de ce monde.

En Afrique, l’Egypte aura la part belle: Amr Moussa, Ayman Nour, Saad Eddine Ibrahim et Mohamed El Baradei y font le point sur la révolution qui a chassé Hosni Moubarak.

Moulay Hicham, traite aussi du cas du Zimbabwe en interviewant le Premier ministre Morgan Tsvangerai, ex-opposant de Robert Mugabe.

En Asie, le prince a réalisé un entretien croisé de l’ex Premier ministre et père de la Malaisie prospère, Mahatir Mohamed et de son ex-principal opposant Anouar Ibrahim. Moulay Hicham tiend aussi le micro à la passionaria birmane Aung San Suu Kyi.

En Europe, Ioulia Timochenko donnera la réplique au président Viktor Iouchtchenko, les deux acteurs de la Révolution orange en Ukraine.

En Amérique latine, c’est le cas du Venezuela qui retiendra l’attention du prince chérifien qui a rencontré Hugo Chavez, mais aussi certains de ses opposants.

Des personnalités indépendantes, tel le Polonais Lech Walesa et l’ex-président tchèque Václav Havel, aujourd’hui disparu, livrent également dans ce documentaire leurs analyses.

«Avec un ton dramatique, le film, dont le narrateur est l’acteur anglo-américain Alfred Molina, pose la question de savoir pourquoi des citoyens normaux luttent contre les autocrates pour la démocratisation de leur pays, au péril souvent de leur vie» écrit Demain Online qui fait toutefois remarquer que «le Maroc a été soigneusement évité dans le film. Comme si aucun défenseur marocain des droits de l’homme ne méritait de faire partie de la petite liste».

Lu sur E-MarrakechDemain Online

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