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RDC - L'ONU s'alarme des violations des droits de l'homme

Les autorités de République Démocratique du Congo (RDC) sont accusées de nombreuses violations des Droits de l’Homme à Kinshasa pendant les élections législatives et présidentielles du 24 novembre au 25 décembre, selon l’ONU. Le 20 mars, un rapport à été publié par la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco).

«Nous avons reçu plusieurs comptes-rendus décrivant la Garde républicaine tirer à balles réelles sur la foule, des individus détenus arbitrairement et soumis à la torture», a déclaré Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme.

Après plusieurs enquêtes, le rapport a établit des chiffres alarmants et de nombreuses violations des Droits de l’Homme. Pendant le mois des élections, il y eu trente-trois meurtres recensés, quatre-vingt-trois personnes blessées et seize disparus. S’ajoutent également plus de 200 arrestations et détentions arbitraires.

Les personnes ont été visées par ces violences à cause de leur appartenance réelle ou présumée au parti d'opposition d'Etienne Tshisekedi, principal adversaire à l'élection présidentielle du Président Joseph Kabila candidat à sa réélection.

Le rapport implique la Garde républicaine, la Police nationale congolaise, en particulier des agents de la Légion nationale d'intervention, des agents du Groupe mobile d'intervention et l'Agence nationale de renseignements.

«Les autorités doivent s'assurer que des enquêtes seront menées sur ces violations des Droits de l'Homme, que les auteurs seront traduits en justice et que ceux qui sont encore détenus illégalement seront libérés sans délai», a affirmé Navi Pillay.

La réaction du gouvernement congolais a été vive. Dès le lendemain, le ministre de la Justice Emmanuel Luzolo Bambi a rejeté ce rapport qualifié de «gratuit, incohérent et exagéré», rapporte Radio Okapi.

«[Ce rapport] ne semble avoir comme unique but de ternir l’image des pouvoirs publics congolais», a déclaré Emmanuel Luzolo Bambi.

Selon le site Digital Congo, le gouvernement demande une «enquête conjointe et contradictoire» avec la Monusco pour établir ou infirmer l’effectivité des «violations graves».

Le ministre de la Justice, lui, va plus loin. Il réclame des enquêtes par le Procureur général sur le contenu de ce rapport et exige à la Monusco de «mentionner les cas de génocide, l’incitation à la violence et à la haine lancée par M. Etienne Tshisekedi pendant cette période.»

Pourtant, Roger Meece —le responsable de la Monusco— s’était réjoui de la coopération du gouvernement pour sanctionner les criminels, relate le communiqué de l’ONU.

«Les poursuites et les procès récents entrepris avec l'appui de la Monusco à travers le pays ont conduit à l'arrestation d'un nombre significatif d'auteurs de violations des droits de l'homme. Je me réjouis de ces développements récents et de la coopération positive entre la Monusco, l'armée de la RDC et les autorités judiciaires civiles», a déclaré M. Meece, Représentant la Monusco.

Lu sur ONU, Radio Okapi, Digital Congo

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