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Tunisie - Pourquoi les jeunes se tournent vers les salafistes

De plus en plus de jeunes Tunisiens se dirigent vers l'islam revendiqué par les salafistes, qui prônent un «islam de combat, intolérant» et violent, indique Kapitalis.

Le quotidien tunisien s’étonne de ce phénomène sur les jeunes qui ont été précurseurs de la Révolution alors qu’ils n’étaient sous la coupe «d’aucune doctrine politique ou religieuse».

«Il est indéniable que les générations Ben Ali souffrent d’un manque de culture générale et plus particulièrement d’éducation civique et religieuse», assure Kapitalis.

Pour le journal tunisien, l’affaiblissement du système scolaire sous l’ère Ben Ali a provoqué, au fil du temps, une quête d’identité religieuse. Cette recrudescence serait également liée en partie au retour du chef du parti Ennahdha Rached Ghannouchi, exilé à Londres.

«Son effet sur des personnalités socialement mécontentes de leur sort, souvent incultes, fait que les mythes fondateurs du salafisme vont, en effet, avoir un attrait évident», explique le site tunisien.

La conjoncture économique favorise également la diffusion du message salafiste. Kapitalis rappelle qu’ils prônent le retour de l’islam des origines, pratiqué au Moyen-Âge, âge d’or pour les musulmans.

«Selon le mythe salafiste, si l’on revient à la pratique de cette époque, les musulmans connaitront de nouveau la grandeur qu’ils ont perdue parce qu’ils n’ont pas respecté l’islam de ce temps.»

Pour ce journal, l’augmentation des chaînes étrangères religieuses jouent également un rôle important. Les chaînes satellitaires offrent de nombreuses voies religieuses et provoquent souvent l’amalgame des branches religieuses. Elles usent également de la «starisation» des acteurs religieux dans les émissions. «Tout est mis en scène pour séduire le plus grand nombre», précise Kapitalis.

Selon l'édition du Monde du 21 mars, «la transformation physique des jeunes salafistes tunisiens témoigne de leur radicalisation.» La journaliste affirme que tous les salafistes ne sont pas violents mais uniquement la branche djihadiste.

«Nous ne souhaitons pas en arriver là, mais pour défendre l’islam, nous sommes prêts à mourir et à tuer», a déclaré un jeune tunisien salafiste au Monde.

Occuper la rue avec des drapeaux noirs et conquérir les mosquées sont la stratégie des salafistes pour toucher les plus de monde possible. Quelques camps d’entrainement auraient vu le jour dans la zone montagneuse d’Oum Al-Araies et certaines salles de sport serviraient aussi de lieu d’instruction. Les mosquées sont également des endroits privilégiés pour répandre leur message.

«Sur quelques 2.500 mosquées, 20% seraient sous la coupelle des salafistes», relate le quotidien français.

«Nous avons commis une faute, nous devons reconquérir les mosquées. Nous allons rediffuser les livres de Rached Ghannouchi pour rétablir l’islam moderne», a déclaré le président d’Ennahbha Sahbi Atig.

Le gouvernement tunisien souhaite également permettre aux salafistes de créer leur parti pour les inclure dans la vie politique et démocratique.

«Nous pouvons leur ouvrir la voie d’un parti, à condition qu’il réponde aux critères de la loi, pour isoler la minorité qui utilise la violence», a confié au Monde Ali Larayedh, ministre tunisien de l’Intérieur.

Lu sur Kapitalis, Le Monde

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