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Comment ramener les enfants malgaches à l'école

Un quart des enfants malgaches en âge d’être scolarisés ne vont pas à l’école, indique un rapport de l’Unicef publié le 15 mars. Intitulée L’Exclusion scolaire et moyens d’inclusion au cycle primaire à Madagascar, cette étude vise à instaurer le concept de «l’école pour tous», fait savoir RFI, qui ajoute que le sytème éducatif malgache se serait amélioré ces dix dernières années.

Mais, «entre 2010 et 2011, on a perdu 700 000 enfants dans les écoles primaires, indique Steven Lauwerier, représentant de l’Unicef à Madagascar. Cela pose vraiment un problème pour le développement futur du pays.» Et ppour cause, la publication de ce rapport intervient après trois ans d'une crise politique majeure dont la résolution reste très incertaine.

«L’éducation paye également un très lourd tribut à cette situation», écrit l'Unicef qui y voit néanmoins une occasion pour réformer en profondeur le système: «Soit nous continuons dans cette voie et nous prenons le risque de ruiner l’avenir d’un très grand nombre d’enfants et du pays dans son ensemble, soit nous utilisons cette crise pour créer un système éducatif qui soit durable, inclusif et de qualité.»

«Les parents sont convaincus de l’importance de l’éducation et font absolument tout ce qu’ils peuvent —ils se sacrifient et se saignent à blanc— pour pouvoir scolariser leurs enfants (…) Malheureusement, ils sont peu aidés par l’extérieur, que ce soit les organisations internationales ou le ministère. Dans la plupart des endroits que l'on visite, ils s’en sortent seuls», a expliqué le directeur de l'étude, Rohen d’Aiglepierre.

Selon ce rapport, les enfants non-scolarisés «sont le plus souvent orphelins, soumis aux activités rémunératrices et habitent plus loin de l’école». Ils ont également des repas quotidiens moins fréquents que les enfants scolarisés. En parallèle, beaucoup d’élèves décrochent le plus souvent à cause d’une réduction brusque des revenus de leurs parents. Les enfants handicapés, en particulier les filles, ont également moins accès à l’éducation.

«Sur 100 enfants entrant au primaire, 25 n’atteignent pas la deuxième année, à peine 45 peuvent accéder en dernière année du primaire et seulement 33 rentrent en première année de secondaire», dénombre l’étude.

La qualité du système éducatif est également responsable de cette déscolarisation. Toujours selon l’Unicef, les écoles communautaires sont les plus touchées par les abandons. Les établissements à faible taux de réussite au Brevet d'étude du premier cycle (BEPC), à la structure de faible qualité et sans contrôle régulier des absences souffrent également de ce phénomène.

«Au niveau des communautés, les préjugés sur les rôles sociaux, les blocages administratifs, le faible engagement à lutter contre le phénomène de l’exclusion scolaire, l’insécurité et la vulnérabilité climatique entretiennent des situations de forte exclusion scolaire», précise le rapport.

Par ailleurs, l'Unicef a affirmé que des kits scolaires «composés d'un cartable et de toutes les fournitures scolaires, entre autres, des stylos, crayon, règles et cahiers» vont être distribués dans la Grande île. «Une information qui tombe à pic», écrit l’Express Mada, puisque les subventions des bailleurs de fonds, la Banque mondiale et l’Unicef, ont été gelées il y a trois ans. Quant à ces subventions, l’Unicef a assuré qu’elles devraient reprendre cette année, rapporte le quotidien malgache.

«Une partie des 25 millions de dollars (environ 19 millions d'euros), déjà disponibles à l'Unicef, vont assurer les subventions des quatre premiers mois de l'année 2012 des maîtres Fram (association de parents d’élèves, Ndlr)», explique Graham Lang, chef de l'éducation au sein de l'Unicef.

Lu sur Unicef, RFI, Express Mada

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