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Tunisie - Le Premier ministre Jebali ne veut pas de Bachar al-Assad

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a accordé une interview au site de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel le 13 mars, la veille de sa rencontre avec Angela Merkel, la Chancelière allemande. Au cours de cette interview, il contredit le président du gouvernement provisoire Moncef Marzouki qui a affirmé, le 7 mars à la BBC, sa disposition à accorder l’asile politique à Bachar al-Assad en Tunisie.

«Je comprends l’objectif de cette invitation. Si Assad devait quitter la Syrie, cela pourrait empêcher le sang de couler. Je respecte notre chef de l'Etat, mais je ne veux pas voir Bachar el-Assad ici. Si je le croisais, j’aimerais l’amener devant un tribunal et le remettre au peuple syrien», a affirmé Jebali.

Le Premier ministre rappelle également le refus de la Tunisie d’envoyer des troupes armées en Syrie. Il justifie cette position en déplorant l’échec de l'intervention de l’OTAN en Libye.

«Actuellement, une intervention militaire étrangère serait pure folie, et ne ferait que jeter plus d'huile sur le feu et donner à Bachar al-Assad le prétexte —qu'il attend désespérément— de vouloir protéger son armée».

Le Spiegel Online a également questionné le Premier ministre sur des problématiques internes, notamment sur le climat ambiant en Tunisie. Quand le journal l’interroge sur les craintes des touristes qui n’osent pas s’y aventurer, il assure que la Tunisie «est plus sûre qu’avant» et demande au journaliste s’il se sent en sécurité.

«Notre sentiment est surtout que vous êtes en danger. Le siège du gouvernement est gardé comme une forteresse et chaque ministère est entouré de barbelés. Ce n'est pas particulièrement rassurant pour les touristes», rétorque le journaliste.

Selon Jebali, le parti islamiste au pouvoir Ennahda a «cherché un juste milieu et construit une large coalition.» Il a également assuré que «la société tunisienne trouvera sa place à la tolérance par le biais de cet équilibre.» Le Premier ministre admet qu’il y a de nombreuses manifestations sans pour autant les condamner.

«Nous aurons besoin de nombreuses années pour surmonter l'inégalité entre les différentes régions et couches sociales. Jusque-là, tout le monde a le droit de nous tenir responsables de nos échecs», concède le Premier ministre.

Lu sur Spiegel Online

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