SlateAfrique

mis à jour le

Tunisie - Le président Moncef Marzouki célèbre le martyr d'Internet

La révolution en Tunisie doit beaucoup à la mobilisation par Internet. Le gouvernement provisoire tunisien a célébré la première Journée nationale de la liberté d’Internet au palais de Cathage le 13 mars, annonce Maghreb Emergent.

Cette date n’a pas été choisie par hasard: elle rend hommage Zouhaïr Yahyaoui, un blogueur emprisonné pendant un an et demi pour avoir publié une lettre ouverte de son oncle sur l’indépendance de la magistrature et qui est décédé le 13 mars 2005 à la suite des différentes séquelles de son séjour carcéral, rappelle Tekiano.

«[Zouhaïr Yahyaoui est, ndlr] un héros de la lutte sur le Net et initiateur du combat dans l'espace virtuel contre le régime de Ben Ali, a déclaré le président Moncef Marzouki se rendant sur la tombe du défunt blogueur, nous sommes là pour commémorer sa mémoire afin qu'elle demeure, symboliquement, liée à la liberté.»

Le gouvernement provisoire a invité blogueurs et Facebookeurs à participer à cette commémoration en l’honneur du «martyr d’Internet», comme le surnomme Rue89. Le site tunisien Tekiano explique que le blogueur Wissem Tlili, alias Le Gouverneur de Normalland et qui s'est engagé au sein du parti du président Marzouki le Congrès pour la République (CPR), est à l’origine de cette initiative. Mais selon Tekiano, elle «divise la Toile».

Sofiane Chourabi, journaliste et blogueur, a justifié sa présence à Cathage par le refus de la «chaise vide» dans un billet rédigé en arabe intitulé Pourquoi il est important de participer à la journée de la liberté d'Internet, rapporte Tekiano.

Quant à Jasmin, alias Faten Abdelkafi, elle a décliné l’invitation du gouvernement et s’explique dans l’article Non Mr Marzouki, je suis blogueuse et je le reste! publié sur Webdo. La blogueuse se dit «écœurée» par ce qu’elle juge être une «récupération politique» et rappelle que Marzouki «n’a pas été très éloquent» pendant les récentes affaires de censure comme celle du journal Attounissia.

«Quand on veut rester dans cette dynamique de regard critique, la moindre des choses c'est d'être cohérent et en accord avec soi même avant tout !! On ne va pas serrer la main à un président qu'on va attaquer le lendemain!!», écrit la blogueuse.

«Et il va sans dire qu'être aux côtés d’administrateurs de pages Facebook invités eux aussi, et qui, le moins qu'on puisse dire, ne sont pas du tout démocrates, incitent à la haine, font dans l'insulte et la diffamation, divisent les Tunisiens ne me réjouit pas particulièrement», dénonce également Jasmine.

Publiée par le facebookeur tunisien, Mouaten Tounsy, une vidéo montre deux responsables de ce réseau social «à deux doigts de se bagarrer dans le palais présidentiel», relate Mag 14.

Lu sur TekianoMaghreb EmergentRue89, Mag 14

A lire aussi

Tunisie: La révolution confisquée par les opportunistes?

Où vas-tu Tunisian girl?

«Facebook en Tunisie, c'est la contre-révolution»

Blogueurs tunisiens, le parti de la liberté

Lina, blogueuse rebelle de la Révolution du jasmin