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Cameroun: 12 otages occidentaux libérés en zone anglophone

Douze touristes italiens et suisses, enlevés à une date indéterminée en zone anglophone du Cameroun, ont été libérés lundi par l'armée camerounaise, a annoncé mercredi Yaoundé, alors que la communication autour du conflit entre les séparatistes anglophones et l'armée se réduit de plus en plus.

"Une opération a permis la libération de 12 touristes européens" dans la région du Sud-Ouest lundi, a indiqué le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, dans un texte publié dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune.

Les sept Suisses et les cinq Italiens se trouvaient au Cameroun avec une organisation appelée "African Adventure Group", selon le communiqué.

Ils ont été enlevés par "une bande de terroristes" dans la localité de Moungo-Ndor, alors qu'ils se rendaient sur le site de "Twin Lakes", deux lacs situés dans le secteur de Kupe Muanengumba.

Le groupe armé Ambazonia Defense Forces (ADF), l'un des principaux groupes armés en zones anglophones, a démenti être à l'origine de l'enlèvement des touristes occidentaux, dans des déclarations de son chef, Cho Ayaba, à l'AFP.

C'est le second enlèvement recensé d'étrangers dans les régions anglophones du Cameroun depuis début 2018 et la dégradation sécuritaire dans ces zones, après celui, mi-mars, de deux ingénieurs tunisiens. L'un d'eux avait été tué lors d'une opération de l'armée pour les libérer, "assassiné" par "les terroristes", selon l'armée.

Par ailleurs, "six conseillers municipaux" camerounais ont également été libérés lors d'une autre opération militaire dans la région du Nord-Ouest, selon le communiqué du ministre mercredi.

Il affirme aussi que dans de "récents accrochages" à une date indéterminée, "plusieurs dizaines d'assaillants" séparatistes ont été abattus par l'armée camerounaise et que "d'importants stocks d'armes et de munitions" et "de fortes quantités de drogue" ont été saisis.

Il n'était pas possible de déterminer mercredi si, parmi les six Camerounais libérés, figurent le sous-préfet et le fonctionnaire enlevés en février à Batibo, dans la région du Nord-Ouest.

-'On ne sait rien'-

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest regroupent les habitants anglophones du Cameroun, soit 20% de la population. Elles sont secouées depuis plus d'un an par une profonde crise socio-politique, qui s'est peu à peu muée en un conflit armé de basse intensité.

Depuis trois mois, la situation sécuritaire s'y est considérablement dégradée, les groupes séparatistes armés y multipliant les actions violentes contre des symboles de l'Etat (attaques de gendarmerie, enlèvements de fonctionnaires, accrochages avec l'armée).

Dans ces deux régions frontalières du Nigeria, où le Cameroun suspecte les séparatistes d'avoir établi leur base arrière, Yaoundé a répondu par la force, déployant un fort dispositif sécuritaire et créant, en février, une nouvelle "région militaire" dans le Nord-Ouest.

En février, l'Union européenne a jugé "essentiel que les forces de sécurité fassent un usage proportionné de la force dans l'exercice de leurs fonctions", après que de nombreux témoignages d'exactions eurent circulé dans la presse et sur les réseaux sociaux.

Yaoundé s'en est défendu. Depuis, les informations sur le conflit se sont raréfiées, le gouvernement camerounais communiquant peu sur les actions militaires menées.

"Ce n'est pas dur: on ne sait rien, on ne sait pas combien de personnes fuient, où se passent les combats", a indiqué à l'AFP mercredi une source humanitaire sous couvert d'anonymat.

Depuis fin 2017, les séparatistes anglophones ont tué 28 membres des forces de sécurité, selon un décompte de l'AFP établi sur la base des déclarations officielles. D'autres observateurs à Yaoundé parlent d'un bilan plus élevé, sans qu'il soit possible de vérifier l'information.

A mesure que la crise évolue, de nouveaux groupes séparatistes apparaissent, arborant armes et drapeau de l'"Ambazonie" - du nom de l'Etat qu'ils veulent créer - sur les réseaux sociaux.

Des élections - dont la présidentielle - sont prévues au Cameroun fin 2018. Selon des observateurs, la profonde crise socio-politique que Yaoundé traverse dans ses régions anglophones pourrait perturber ces scrutins.

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