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Tunisie - Saïda Agrebi, une figure exilée du régime Ben Ali extradée de France?

Proche de Leïla Trabelsi et du couple de l'ex-président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali en exil en Arabie Saoudite, Saïda Agrebi devrait être extradée le 13 mars en Tunisie, avance Tuniscope qui s'appuie sur des «informations, colportées par des radios et des réseaux sociaux».

Elle a été arrêtée deux jours auparavant à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle à Paris alors qu’elle s’apprêtait à quitter la France.

Ancienne présidente de l’Association tunisienne des mères (ATM), devenue l’Organisation tunisienne des mères (OTM) après son départ, Saïda Agrebi est accusée de corruption et de malversations financières, rappelle Kapitalis.

«Elle traine un passé trouble d’agent de la dictature», explique le site d’information tunisien.

Un mandat d’arrêt international avait été émis par les autorités tunisiennes via le bureau d’Interpol à Tunis quelques temps après son départ de Tunisie, le 30 juillet 2011. Elle avait déjà tenté de partir quelques jours avant, «déguisée et en chaise roulante», mais les autorités de l’aéroport de Tunis-Carthage l’en avait empêché. Finalement, son départ en toute légalité avait révolté les Tunisiens, précise Kapitalis.

«L’explication officielle présentée par les autorités policières de l’époque est qu’elle est une citoyenne tunisienne, qu’elle est libre de ses mouvements, qu’elle peut voyager à l’étranger», rappelle Kapitalis.

Cet incident a provoqué l’incompréhension et un tollé en Tunisie, rapporte Business News. En effet, le ministère de l’Intérieur a commandé un rapport sur la présidente de l'ATM au ministère des Finances en avril 2011. Accablant, ce rapport a été remis au procureur de la République le 18 juillet, soit quinze jours avant le départ de Saïda Agrebi.

«Selon le document du ministère des Finances en notre possession, la dénommée (dixit le document) Saïda Agrebi a commis des malversations et des abus au sein de l’OTM», relate le site tunisien.

Parmi les nombreuses zones d’ombres soulignées par ce rapport: des dépenses de l’association sans aucun justificatif, les chèques émis par l’ATM eux aussi sans justificatif et sans la co-signature obligatoire du trésorier, seulement celle de la présidente.

L’enquête s’est également penchée sur ses comptes personnels. Saïda Agrebi en possède deux qui étaient crédités respectivement de 54.000 et 14.000 dinars, soit environ 27.000 et 7.000€. Son patrimoine s’avère lui-aussi fructueux: un salon de thé, une salle des fêtes... Le site tunisien révèle également qu’elle a fait construire une mosquée à Ezzahra grâce à une collecte de fonds organisée par une association d’enfants handicapés appartenant à l’ATM.

«Bien proche des rouages du pouvoir et de l’administration, elle sait qu’il faut un minimum de temps pour que le procureur de la République ouvre son enquête, la convoque et entame les démarches de son interdiction de voyage», estime Business News qui n’accable pas le ministère de l’Intérieur de ne pas l’avoir arrêtée avant le 30 juillet.

Lu sur TuniscopeKapitalisBusiness News

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