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L'Afrique, un continent où l'or bleu n'a pas de prix

Le 6e Forum mondial de l’eau, rassemble du 12 au 17 mars à Marseille, dans le sud de la France, près de 20.000 participants, institutions, entreprises, associations, élus locaux, de 140 pays différents, rapporte le quotidien ivoirien, L’Intelligent d’Abidjan.

Un objectif: ne plus se cantonner aux "incantations", selon le mot de Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, rapporte le site Youphil, qui dédie un dossier spécial au forum mondial.

Réunis tous les trois ans depuis 1997 à l’initiative du Conseil mondial de l’eau, les précédents forums étaient essentiellement consacrés l’évaluation de l’accès à l’eau dans le monde.

Cette année, le Forum s’intitule «Le temps des solutions» avec une plate-forme de solutions en ligne. Pour les ONG écologistes et de solidarité avec les pays pauvres, c’est l’occasion de rappeler que «l’or bleu n’a pas de prix».

Fin 2010, 89% de la population mondiale, soit 6,1 milliards de personnes, avaient accès à des «sources améliorées d’eau potable», soit plus que l’objectif du millénaire (88%) fixé pour 2015, rapporte l’AFP.

Reste à savoir comment assurer de l’eau saine et une alimentation suffisante aux plus de 9 milliards d’habitants prévus en 2050.

L'Afrique est le continent où l'accès à une eau de qualité est le plus limité, selon le 4ème rapport ONU-Unesco sur l'eau.

«A peine 60% de l'Afrique sub-saharienne est alimentée en eau potable», constate le document publié à l'ouverture du Forum.

Les difficultés d'alimentation sont aggravées par la sécheresse en Afrique sub-saharienne. Ailleurs, les inondations mettent à mal les infrastructures et contaminent les réserves d'eau augmentant les risques d'épidémies, comme le choléra.

«Il faut trouver les moyens de mettre en application le droit à l’accès à l’eau et l’assainissement pour tous reconnu en 2010 par l’ONU», a déclaré Gérard Payen, conseiller du secrétaire général de l’ONU pour les questions liées à l’eau.

En matière d'énergie, seul un Africain sur quatre a l'électricité. Pourtant, le potentiel en énergie hydraulique du continent suffirait à satisfaire ses besoins en électricité, mais 3% seulement de ces ressources sont exploitées.

Le Maroc semble être un des pays africains qui s'en sortent le mieux. Il a été qualifié de «grande nation hydraulique», par Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau, rapporte le quotidien marocain Le Matin.

«Le Maroc est remarquablement organisé en bassins, et dispose de différents intervenants, tel que l'Office national de l'eau potable (ONEP), les régies de distribution et les délégations de services publics, autant d'outils modernes adaptés aux exigences hydriques», a-t-il souligné.

Mais le Grand Prix mondial Hassan II de l'eau, doté de 100.000 dollars US (76.200 euros), a été remis à l'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), une organisation régionale basée à Tunis, pour ses efforts et son apport «exceptionnels» en matière de coopération et de solidarité entre ses pays membres dans les domaines de la gestion et du développement des ressources en eau. 

Enfin, la France a annoncé le 12 mars le financement de projets en Afrique à hauteur de 40 millions d'euros avec la Banque africaine de développement (BAD) et a débloqué 800.000 euros pour sauver le lac Tchad, dont la superficie a diminué de 95% au cours des 45 dernières années.

Le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, a de son côté, promis qu'il se ferait l'avocat de l'Afrique auprès de ses collègues au sein de l'Union européenne pour explorer les voies d'éventuels financements européens pour les projets de sauvetage du lac.

Lu sur L'Intelligent d'Abidjan, Le Matin

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