SlateAfrique

mis à jour le

RDC - Un village pour les femmes victimes de violences sexuelles

Deux cents femmes victimes de violences sexuelles et vingt-quatre orphelins vivent dans le village de Buganga dans la région Sud-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo. Victime de viols, Mama Masika a fondé l’association Apdud (Association pour les personnes défavorisées unies pour le développement) en 2001. Apdud accueille ces victimes et met tout en œuvre pour qu’elles surmontent leurs traumatismes. Le photographe italien Annibale Greco s’est rendu sur place en novembre dernier. Une sélection de ses clichés est publiée par l’hebdomadaire italien Internazionale.

Depuis 1996, plus de 10.000 femmes auraient subies des violences sexuelles en RDC, selon l’ONU. Ces viols de masse ont commencé dès le déclenchement de la guerre civile et ne cessent d’être perpétrés. En plus des troubles post-traumatiques, les victimes, considérées comme impures, sont chassées de leur foyer par leur propre famille ou par la communauté. Elles tombent souvent enceintes en plus d’être atteintes du sida, explique le site italien.

Mama Masika travaille avec quatorze bénévoles de différents villages, écrit-elle sur son blog. Ils recherchent ces femmes isolées et des orphelins. L’association tente de scolariser le maximum d’enfants, de réconcilier les familles pour que les victimes puissent rentrer chez elles.

Bien que quelques cas se résolvent, de nombreuses femmes restent au village. Chaque femme est individuellement suivie par l’association qui tient un dossier pour chacune. L’association leur permet également d’accéder aux soins et aux traitements médicamenteux.

L'association Apdud a été créée avec une micro-subvention d’Oxfam d'environ 200 euros en 2001 qui a permis l’achat d’un terrain à cultiver. Petit à petit, Mama Masika a pu agrandir son projet: quarante-sept maisons ont été construites et un autre domaine cultivable a été acheté grâce à un prix d’Amnesty International et d’autres donateurs, explique le blog de la fondatrice. Les différentes cultures permettent au village de se nourrir et également de vendre certains produits comme le maïs et les haricots.

Cette initiative offre à ces victimes une «nouvelle vie». Malheureusement, ce n’est qu’un cas isolé. Comme le souligne le photographe italien sur son site, les violences ne désenflent pas malgré les accords de paix, la présence de l’ONU et la supervision de Monusco en RDC précise le photographe sur son site personnel. Selon PBG Photo Award, 40 femmes se faisaient violer chaque jour en RDC en 2009.

Lu sur Internationale, Masika, Annibale Greco, PBG Photo Award

A lire aussi

Ces Africaines des Grands Lacs qui surmontent les violences

RDC: réconcilier les couples brisés par le viol

RDC: 248 femmes se sont déclarées victimes de viol dans le Sud-Kivu