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Algérie - Les imams sont priés d'appeler les fidèles citoyens au vote

«La mosquée, qui a été utilisée par certains groupes pour diviser la société et susciter la haine au sein d’un même peuple, doit aujourd’hui servir la nation et réformer la société… L’imam doit être présent pour orienter et conseiller les fidèles»

Cette déclaration du ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs [donations], Bouabdallah Ghlamallah, n'est pas anodine. Le ministre a déclaré le 10 mars que les imams devront encourager les Algériens à accomplir «leur devoir de citoyenneté en prévision du prochain scrutin», rapporte le quotidien algérien El Watan.

Déjà en février dernier, le ministre affirmait que si les imams pouvaient exercer tous leurs droits politiques à l'extérieur des mosquées, y compris se présenter comme candidats en tant que citoyens, ils restaient astreints à «l'obligation d'observer une impartialité à l'intérieur des mosquées à l'égard des partis politiques», rapporte le magazine algérien DNA.

«La mosquée, complément indispensable des institutions de l’Etat, constitue un lieu de prière, et aussi un espace où le citoyen trouve les éclairages, qui lui manquent, dans le langage qu’il comprend», précisait le ministre le 10 mars.

Mais pour l’islamologue Sadek Sleymi, le ministre commet une erreur.

«Il est fortement recommandé de laisser sain le rôle de l’imam et de ne pas l’embourber dans une sphère qui pourrait entacher sa mission principale, à savoir véhiculer les messages de tolérance, du vivre ensemble, d’éducation, de solidarité, d’amour et de respect envers son prochain.»

«L’instruction de Ghlamallah trouve son origine dans l’absence de visions claires des partis politiques… Aucune formation ne présente un programme crédible et détaillé. Outre le déficit démocratique que connaît le pays, les partis politiques, à cause de leur pseudo-militantisme primaire, encouragent l’abstention, car l’Algérien ne s’y identifie pas.»

Or, les responsables du ministère ont défendu leur position. Adda Fellahi, chargé de communication du département, précise que «les mosquées demeurent des institutions étatiques. M. Ghlamallah voulait dire que l’appel au vote fait partie des missions de l’imam.

«Quand ce dernier donne des leçons relatives à la vie civile, il doit en parallèle appeler les citoyens à adopter un comportement civilisationnel dans l’intérêt national. L’Algérien est prié de voter, même s’il envisage de glisser un bulletin blanc. L’essentiel, c’est la participation».

«L’appel des imams n’aura pas de couleur partisane. Ils conseilleront seulement aux Algériens leur devoir de citoyenneté pour sauver l’Algérie des dérapages et de l’inconnu, vu que notre pays reste entouré de zones d’instabilité», souligne-t-il.

Lu sur El Watan

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