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Mélenchon, le plus algérien des candidats à la présidentielle française

Cinquante ans après la signature des accords d’Evian le 18 mars 1962 entre Paris et le Front de Libération Nationale algérien (FLN), la guerre d’Algérie n’a pas fini de semer le trouble en France, notamment chez les responsables politiques français. En pleine campagne électorale présidentielle française, la guerre d’Algérie s’invite dans les débats.

Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche, a estimé que Jean-Marie Le Pen «avait du sang jusqu’aux coudes» depuis la guerre d'Algérie, rapporte le site algérien Tout sur l'Algérie.

Le Pen «a du sang jusqu'aux coudes», «le sang d'un tortureur» pendant la guerre d'Algérie où «il torturait les résistants du FLN et ceux qui se battaient pour l'indépendance» du pays, a ajouté Mélenchon.

Il a ensuite déploré que sa fille [Marine Le Pen, ndlr] «continuent de nous saouler avec cette histoire de l’Algérie française».

Dernièrement, la candidate du FN avait refusé de débattre avec le candidat du Front de Gauche lors d’un débat télévisé sur France 2.

«Oui, les communistes ont du sang jusqu'aux coudes, celui de l'envahisseur, des nazis et de tous ceux qui leur ont tapé dessus chaque fois qu'ils défendaient les libertés».

«Vous connaissez un communiste français qui a gardé un goulag en Union soviétique? Allons, allons!», a ajouté Jean-Luc Mélenchon qui a tenu à préciser qu’il n’avait aucune sympathie pour cette répression.

Les conflits de mémoires sont à vifs et s’immiscent déjà dans la campagne électorale française. On l’a vu récemment. Comme en 2007, le candidat Nicolas Sarkozy s’est rendu au Centre méditerranéen universitaire de Nice le 9 mars 2012. Il a adressé un message aux harkis, ces Algériens qui ont combattu aux côté de l’armée française:

«les harkis ont le droit à ce respect, à cette reconnaissance, et ont le droit qu'on leur dise qu'à l'époque, les autorités françaises ne se sont pas bien comportées à l'endroit de ceux qu'elles auraient dû protéger et qu’elles n’ont pas protégé».

A l’heure de la campagne, les parties prenantes de la guerre sont bien distinctes et les responsables politiques n’hésitent pas à surfer sur les mémoires de chacun.  

Ce n’est que le début. Invité dans l’émission politique des Paroles et des Actes sur France 2, Jean Luc Mélenchon avait déclaré que, s'il était élu, sa première visite de chef d’Etat serait l’Algérie.

«Ce serait donner une grande indication aux Algériens et à tout le Maghreb. La guerre d'Algérie est finie. Maintenant on s’aime», avait alors déclaré le candidat du Front de Gauche, qui est crédité d'environ 10% des intentions de vote au premier tour. L'Algérie devient incontournable, cinquante ans après.

 

Lu sur Tout sur l'Algérie( TSA)

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