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Ces Africaines des Grands Lacs qui surmontent les violences

«Pour Titouan Lamazou, refuser de chercher les causes des viols massifs [en République Démocratique du Congo], c’est considérer qu’il y a une fatalité de la brutalité en Afrique», écrit le magazine féministe Causette à propos de cet artiste polyvalent d'origine marocaine.

Pour dénoncer ces violences, Titouan Lamazou devient en quelque sorte le haut-parleur des femmes de RDC qui témoignent à cœur ouvert. Il n’a cessé de sillonner ce pays depuis 2004 pour être au plus prêt de leur réalité.

En cette journée internationale de la femme, le 8 mars 2012, un hommage est rendu à toutes ses rencontres. Peintre, écrivain et photographe, il expose à Paris ses portraits de femmes. 

«Depuis le Haut-Uélé jusqu’aux rives du lac Tanganyika, Titouan Lamazou transmet la parole de ces femmes», annonce le FIAP de Paris où se déroulera l’exposition jusqu’au 29 avril.

«Je fais ce que je sais le mieux faire: peindre et photographier. Je cherche à avoir un travail engagé et si possible cohérent», confie Titouan Lamazou à Care.

Dans la foulée, son livre de portraits et de témoignages Ténèbres au paradis – Africaines des Grands Lacs publié en août 2011 revient au goût du jour avec le documentaire de Claire Duguet Africaines des Grands Lacs, à 20h30 sur France Ô.

Caussette (#22) consacre une page entière à l’œuvre de cet artiste. Le magazine français qualifie Ténèbres au paradis – Africaines des Grands Lacs d’ouvrage «sain et intelligent, absolument dénué de voyeurisme». C’est aux femmes que Lamazou donne la parole sans aucune prétention.

«Vous verrez, dans mon livre, il y a une sorte d’énumération de situations complexes, mais pas l’ombre d’une solution», explique-t-il à Causette.

Le magazine précise qu’il est important pour l’artiste d’expliquer les raisons des violences faites aux femmes. Au fil des témoignages, des notes resituent le contexte historique du début de l’embrasement de la région des Grands Lacs en 1994.

Titouan Lamazou a consacré une grande partie de sa vie à des ONG. Administrateur d’Action Contre la Faim, il crée par la suite sa propre associations pour la défense des Droits des femmes, Lysistrata.

«Après les attaques et les viols de la part des milices Maï Maï, de nombreuses femmes issues de la société civile ont décidé de se réunir et d’agir, en raison notamment de l’impuissance et de l’inertie de l’Etat et des hommes. De plus en plus de femmes arrivaient de la campagne après avoir été violées et répudiées. Elles se sont alors regroupées en plusieurs associations ayant pour vocation d’apporter à leurs pairs un soutien psychosocial, médical et de réinsertion», raconte-t-il à Care.

Selon Causette, le documentaire de Claire Duguet s’immisce au plus proche du travail de Titouan Lamazou et donne la parole, en images cette fois-ci, aux femmes immortalisées dans son livre.

«Et, comme lui, on tombe en amour pour la jeune Lybia, née en RDC, qui n’a jamais vu son pays d’origine», conclut Causette.

Lu sur Caussette, FIAP, Care

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