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Sénégal - Les femmes de Casamance exigent la paix au futur président

Le président sénégalais sortant Abdoulaye Wade et son rival Macky Sall n'impressionnent pas les femmes de Casamance.

«Nous allons solliciter avec les différents candidats des échanges directs avec les populations».

Voilà le projet qu’entend mener la présidente de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance, avec les deux candidats au second tour de la  présidentielle au Sénégal prévu pour le 25 mars prochain.

Interrogée par RFI, Ndèye Marie Thiam précise l'objet du rendez-vous:

«Nous aurons une séance de travail avec ces différents candidats qui vont nous décliner leur programme pour la Casamance, leur feuille de route pour un retour immédiat de la paix».

En clair, cette instance qui fédère diverses associations féminines (Réseau Wipnet, Kabonkétoor, etc.) de la région indépendantiste de Casamance au sud du Sénégal, envisage d’auditionner les deux finalistes de la présidentielle,  Macky Sall et Abdoulaye Wade.

Pour cette audition «nous comptons mobiliser au minimum 200 femmes venant des trois régions administratives de la Casamance (Kolda, Sédhiou et Ziguinchor) et ensuite nous leur soumettrons des questions» a expliqué Ndèye Marie Thiam, selon des propos rapportés par l’Agence de presse Sénégalaise (APS).

Cette initiative s’inscrit dans la suite logique de l’engagement de ces femmes pour faire cesser le conflit casamançais pour lequel «les femmes et les enfants payent un lourd tribut».

Déjà au premier tour, cette Plateforme avait reçu 9 des 14 candidats et leur ont fait signer un mémorandum.

Cette fois «nous allons poser des questions d’ordre économique, des questions en rapport avec la santé, l’éducation, le social, la prise en compte de tous les problèmes sociaux de notre région» a précisé la présidente.

Le processus électoral de 2012 au Sénégal est au centre des préoccupations des femmes.

Le 20 janvier dernier une association féminine, Caucus des femmes pour la parité, menaçait de descendre dans la rue, à la suite des violences engendrées par la validation de la candidature du président Abdoulaye Wade. Fatou Sarr Sow, la présidente de cette association avait déclaré que «c'est la jeunesse qui paye les frais de ce qui est en train de se passer. Voilà pourquoi nous nous sommes mobilisées».  

Le conflit casamançais entre le gouvernement et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) dure depuis 1982, en dépit de la signature d’un accord paix en décembre 2004 et surtout de la déclaration en 2000 d’Abdoulaye de régler ce conflit en 100 jours.

Lu sur APS, RFI

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