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Nigeria - La secte islamiste Boko Haram terrorise les écoles laïques

Depuis le début de l’année, le groupe islamiste Boko Haram aurait détruit au moins 12 écoles près de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno, au nord-est du Nigeria.

Face à ces chiffres inquiétants, l’ONG Human Rights Watch (HRW) tire la sonnette d’alarme et dénonce ces agissements dans un communiqué publié sur son site Internet.

«Les attaques de Boko Haram contre les écoles représentent un nouveau développement répréhensible depuis que le groupe a débuté sa campagne de violence en 2009», a déclaré Zama Coursen-Neff, la directrice d'HRW pour les droits des enfants.

Selon le décompte de l’ONG, aux alentours du 20 février, trois établissements ont été incendiés. A la fin du mois, quatre autres écoles ont été brûlées, tandis que le 1er mars, cinq bâtiments ont été détruits lors d’attaques coordonnées. En raison de ces actions, plus de 5.000 écoliers seraient privés de cours.

Pour HRW, ces violences ne mettent pas seulement la vie des enfants et des professeurs en danger, elles empêchent les jeunes d’accéder à l’éducation.

«Même si les classes ouvrent de nouveau, la qualité de l’enseignement va en souffrir. Les étudiants et les professeurs ont peur et le matériel a été endommagé. La crainte de nouvelles attaques peut aussi forcer des écoles environnantes à fermer et faire en sorte que des parents gardent leurs enfants à la maison», peut-on lire dans le communiqué.

Les militants du groupe Boko Haram ont répondu à ces critiques dans un email envoyé à la presse nigériane. Le quotidien Daily Trust a notamment publié sur son site certains passages de ce document.

Pour les membres de cette secte, dont le nom signifie «l'éducation occidentale est un péché», ces violences sont tout simplement des représailles après les attaques des écoles islamiques et l’interpellation de certains de leurs membres par des forces de l’ordre nigérianes.

«Ils ont continué à arrêter des enseignants d’écoles coraniques. C’est pourquoi nous avons choisi de poursuivre nos attaques contre des écoles publiques. Si notre système d’éducation n’est pas autorisé, le système laïc et occidental ne pourra pas non plus exister», a justifié Abul Qaqa, un porte-parole de Boko Haram.

Concernant l'absence d'enseignement, ce militant a répondu:

«Nous ne sommes pas préoccupés, car on récolte ce que l’on sème. Le gouvernement ne s’est pas soucié du fait que des milliers d’enfants musulmans aint été forcés d’arrêter leur enseignement coranique.»

Depuis le début du conflit il y a trois ans, les violences du mouvement Boko Haram auraient fait plus de 1.000 morts. La secte reproche aux autorités de promouvoir un Etat laïc, de ne pas faire appliquer la charia (loi islamique) d’une manière stricte dans les 12 Etats du Nord qui l’ont déjà réintroduite, et enfin d’être des alliés des Occidentaux. 

Lu sur Human Rights Watch, Daily Trust

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