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Seychelles - Les pirates somaliens débordent des prisons

Pourtant situé à plus de 1.500 km de la Somalie, l’archipel des Seychelles est l’un des rares pays au monde à avoir accepté de juger et d’accueillir les pirates somaliens dans ses prisons, rapporte le journal électronique réunionnais Linfo.re.

Mais avec la recrudescence de la piraterie, les infrastructures carcérales sont dépassées par l’ampleur d’un «phénomène qui ne cesse d’enfler depuis la fin des années 2000», explique Le Point.

Par exemple à la prison de Mahé, les 82 pirates somaliens, âgés pour la plupart d’une vingtaine d’années, représentent 20 % de la population carcérale.

Cet archipel de 115 îles et 85.000 habitants est le seul pays dans la région de la façade orientale de l'Afrique à s’en charger, avec le Kenya qui ne juge cependant plus qu'au compte-gouttes les suspects arrêtés.

Environ 7 pirates sur 10 appréhendés dans l'ensemble de l'océan Indien sont aujourd'hui libérés faute de preuves suffisantes, et de pays prêts à les juger et à les incarcérer, selon l'ONU.

En tout, près de 1.100 pirates somaliens seraient actuellement détenus dans ces deux pays mais aussi en Inde, en France et aux Etats-Unis, précise Afrique en Ligne.

«Les Seychelles sont un État si petit et il fait déjà plus qu’il ne peut dans le combat contre la piraterie», estime l’ambassadeur britannique, Matthew Forbes.

Compte-tenu de cette surpopulation, le transfert des détenus somaliens vers leur pays d’origine serait prévu d'ici fin mars.

«Les Seychelles portent pour l’heure seuls le poids d’incarcérer un grand nombre de pirates, mais le premier groupe de Somaliens condamnés va être transféré vers la Somalie d’ici fin mars, vers des installations surveillées par du personnel Onusien», indique M. Forbes.

L'ONU a également financé en 2011 la rénovation d'une prison au Somaliland, entité indépendante du reste de la Somalie, et jouissant d'une relative stabilité.

Parallèlement, la lutte anti-piraterie sera renforcée aux Seychelles avec la mise en place d’un Centre régional de coordination du renseignement anti-piraterie financé par Interpol, Londres et La Haye.

Inauguré fin 2012, son rôle sera de recueillir des preuves contre les réseaux de financement occultes, précise Le Point.

«Ceux qui sont en prison ne reçoivent que des miettes, comparés à ceux qui, dans les grandes villes, profitent de l’argent des rançons. Nous devons en découvrir plus sur qui finance la piraterie, pour décapiter l’organisation», affirme Srdjana Janosevic, porte-parole de la présidence seychelloise.

Les autorités de cet archipel réclament davantage d'aide internationale pour la surveillance des eaux territoriales.

«Les garde-côtes des Seychelles ne peuvent à eux seuls rendre les eaux sûres, nous avons besoin de forces conjointes. Si nous parvenons à mettre tout le monde à contribution, je pense que notre combat contre la piraterie sera plus facile», a déclaré George Adeline, chef des garde-côtes seychellois, rapporte Linfo.re.

Lors d'une visite du ministre chinois de la Défense, Liang Guanglie, en décembre 2011, les autorités seychelloises avaient «invité le gouvernement chinois à installer une présence militaire a Mahé de façon à lutter contre les attaques de pirates», informe Le Point.

En juillet 2011, l’Union Européenne (UE) avait signé avec l’île Maurice un accord permettant d’incarcérer provisoirement les pirates somaliens à la prison mauricienne du Petit Verger. Mais le projet de création d’un nouveau tribunal et d’une nouvelle prison n’a jamais vu le jour.

Cependant l'UE a décidé de prolonger de 2 ans, soit jusqu'en 2014, l'Opération «Atalante», sa mission navale pour combattre la piraterie dans l'océan Indien, selon un communiqué publié à Bruxelles le 24 février.

Lu sur Linfo.re, Le Point

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