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Le Zimbabwe se cherche un nouveau bourreau

Au Zimbabwe, les prisonniers condamnés à la peine capitale ont encore du sursis. Car le dernier bourreau habilité à exécuter la sentence fatale s’est retiré en 2005, et n'a pas trouvé remplacement depuis pour s’occuper du sort de la soixantaine de condamnés à mort qui attendent leur exécution dans les prisons zimbabwéennes, indique IPS Africa.

Un problème que n’arrive pas à résoudre le gouvernement, puisqu’il semblerait que personne ne veuille reprendre le flambeau. Un phénomène dû principalement, selon Inter Presse Service, à des «superstitions et raisons culturelles».

Obert Gutu, le ministre zimbabwéen de la Justice, apporte quelques éléments de réponse supplémentaires:

«Dans la culture africaine, un travail qui oblige à tuer un autre être humain n’est pas considéré comme un vrai travail. C'est plutôt considéré avec mépris et superstition, essentiellement parce qu'en tant qu’Africains, nous croyons que si quelqu’un tue un autre être humain, l’esprit du condamné reviendra tourmenter son meurtrier ainsi que sa famille.»

En outre, il semblerait que la plupart des Zimbabwéens soit opposés à la peine de mort. Obert Gutu poursuit :

«C’est une forme primitive et inhumaine de châtiment qui ne devrait exister dans aucun texte de loi d’un pays civilisé et évolué. Je suggèrerais que tous les gens actuellement dans le couloir de la mort devraient voir leur peine convertie en emprisonnement à vie. C’est psychologiquement traumatisant et inhumain de les faire attendre leur sentence indéfiniment.»

Pedzisai Ruhanya, directeur du programme de la coalition de la crise au Zimbabwe, est lui aussi favorable à l'abolition de la peine capitale:

«Seul le démon lui-même pourrait accomplir ce travail, pas un être humain normal. Après tout, un bourreau est payé une misère par rapport aux autres fonctionnaires. Est-ce que 300 dollars [207 euros, ndlr] par mois est une somme suffisante pour tuer des gens? Sûrement pas.»

Le révérend Julius Zimbudzana précise que «les Zimbabwéens sont des personnes pieuses, c’est pourquoi le poste de bourreau est toujours vacant».

Lu sur IPS Africa