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Le livre qui accuse la colonisation en Afrique d'avoir engendré le sida

Leur livre s’intitule «Poudrière: comment l’Occident a déclenché l’épidémie du sida et comment le monde peut enfin le surmonter». Il risque de déclencher une véritable tempête de polémiques, relançant ainsi le débat sur l’origine du sida.

Pour ses auteurs, Craig Timberg et Daniel Halperin, l’explication est simple. C’est la colonisation en Afrique qui a engendré l’explosion du virus mortel.

Dans des larges extraits publiés dans le Washington Post, Timberg et Halperin, expliquent que c’est à la fin du XIXème siècle que le virus est apparu pour la première fois dans un lopin de terre au sud-est du Cameroun. Un chasseur tua un chimpanzé à l’aide d’un fusil et consomma la vianda infectée par le VIH-1 (du Groupe M) se contaminant lui-même par coupure probablement lors du dépeçage de l’animal. Les humains l’ont ensuite propagé dans le bassin du Congo (Kinshasa), une ex-colonie belge.

Ça, c’est le comment de l’histoire.

Pour ce qui concerne le pourquoi, les auteurs soutiennent que «la naissance de l'épidémie est essentiellement liée à la croissance au début de l’ère coloniale de l'Afrique, par l'intrusion massive de nouvelles personnes et de la technologie dans une région encore inconnue».

«Les puissances européennes engagées dans une course fiévreuse à la richesse et la gloire ont tracé un itinéraire balisée jusqu’aux rivières boueuses et dans les forêts denses qui n’avaient été parcourues que de manière sporadique par les humains auparavant» écrivent-ils.

Pour eux, le hasard a fait que ce soit au Cameroun que la maladie soit découverte mais son déclenchement est l’œuvre de l’Occident.

Sans la colonisation rapide de l’Afrique par les puissances européennes, connu comme le «Scramble for Africa», la ruée sur l'Afrique, les auteurs estiment qu’il aurait été difficile de voir comment le VIH aurait pu sortir du sud-est Cameroun finissent par tuer des dizaines de millions de personnes.

Dans ce livre pressenti pour être publié par The Penguin Press ce mois-ci, les auteurs avertissent que «le monde a construit une poudrière et mis une étincelle».

Selon un rapport de l’Onusida de 2010, on estimait à 34 millions le nombre de personnes vivant avec la maladie dont 68% en Afrique subsaharienne qui reste la région la plus durement touchée par le VIH. Le rapport note qu’elle ne représente pourtant que 12% de la population mondiale.

Lu sur Washington Post, The guardian, Onusida

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