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Nigeria: le personnel humanitaire de retour dans une ville attaquée par Boko Haram

Les opérations des Nations Unies ont repris dans la ville de Rann, dans l'extrême nord-est du Nigeria, trois semaines après une attaque de Boko Haram qui avait tué trois humanitaires, a déclaré jeudi l'organisation internationale.  

"Les Nations Unies ont donné leur accord pour reprendre les liaisons aériennes avec Rann lundi. Et les premiers vols ont repris mardi", a expliqué à l'AFP la porte-parole de l'ONU à Abuja Samantha Newport.

"Les employés onusiens ne sont toutefois pas autorisés à dormir sur place. Nous mènerons des opérations pendant la journée (en hélicoptère), jusqu'à ce que les conditions sécuritaires se soient améliorées", a-t-elle ajouté. 

Le 1er mars, des combattants de Boko Haram lourdement armés ont attaqué une base militaire dans cette ville extrêmement reculée et difficile d'accès, où se sont réfugiées 80.000 personnes déplacées par le conflit et qui dépendent de l'aide humanitaire pour survivre. 

Durant cette attaque, huit membres des forces de sécurité ont été tués ainsi que trois employés nigérians de l'Unicef et de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Le camp de déplacés, qui regroupe à lui seul 55.000 personnes se trouve juste à côté de la base.  

Déjà très compliquée à acheminer avant l'attaque, l'aide humanitaire (distribution alimentaire, eau potable, premiers soins...) à Rann a été suspendue pendant près de trois semaines. 

L'équipe de Médecins Sans Frontières (MSF) présente sur les lieux, s'était également retirée après l'attaque et organise désormais des déplacements plus ou moins quotidiens en hélicoptère vers Rann. 

Cette attaque, survenue peu de temps après l'enlèvement d'une centaine de jeunes filles dans l'Etat voisin de Yobe, a terni les efforts du gouvernement et de l'armée nigériane pour assurer à la population que Boko Haram est "techniquement vaincu".

Le conflit, qui a fait 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009, s'enlise toujours dans le nord-est. Bien que le groupe jihadiste ne détienne plus de larges territoires comme ce fut le cas en 2014-2015, une grande partie des routes, ou de nombreuses zones (Marte ou Abadam, à proximité du lac Tchad) restent totalement inaccessibles. 

AFP

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