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Les coptes affichent leur soutien

Dans les rues de Choubra au Caire, quartier connu pour sa communauté chrétienne, les coptes affirment majoritairement qu'ils voteront pour le président sortant Abdel Fattah al-Sissi à la présidentielle qui débute lundi, malgré des critiques discrètes.

Seul ou aux côtés du pape copte orthodoxe Tawadros II, les affiches à l'effigie du candidat Sissi sont omniprésentes à Choubra, un des innombrables quartiers surpeuplés du Caire.

Edouard Tawfik, 60 ans, y tient un café fréquenté essentiellement par des chrétiens. "La première raison qui nous pousse à voter, c'est qu'il n'y a pas d'autre homme comme lui (...) à l'heure actuelle", s'enthousiasme ce sexagénaire affable, pendant que ses clients fument la chicha et jouent au backgammon.

 - Gestes d'ouverture -

Arrivé au pouvoir après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, à la suite de manifestations massives, M. Sissi a multiplié les gestes d'ouverture et de sympathie à l'égard de la communauté copte.

Promoteur d'un "renouveau du discours religieux" musulman, l'ex-maréchal manque rarement une occasion de s'afficher aux côtés de Tawadros II. Les relations entre les deux hommes sont excellentes, assure à l'AFP le père Boulos Halim, porte-parole de l'Eglise copte.

"Nous n'appelons pas les gens à voter pour une personne en particulier mais à participer", précise-t-il, alors que l'abstention risque de ternir le scrutin de lundi à mercredi, M. Sissi ne faisant face à aucune concurrence sérieuse.

La "plupart" des chrétiens soutiennent le chef de l'Etat, reconnaît le père Halim, évoquant les réponses sécuritaires fortes après chaque attentat anti-chrétien ou la construction d'églises dans les villes nouvelles.

Parmi elles, la plus grande cathédrale d'Egypte, érigée dans le désert, au coeur de la nouvelle capitale administrative en construction à l'est du Caire. Le président a lui-même inauguré le projet, début janvier.

Les coptes sont estimés à environ 10% des quelque 96 millions d'Egyptiens. Peu présents dans la haute administration, ils sont marginalisés, notamment dans les provinces reculées et pauvres de Haute-Egypte.

Traumatisée par l'ère Morsi, premier président civil démocratiquement élu en 2012, la communauté copte a immédiatement soutenu, les yeux fermés, Abdel Fattah al-Sissi. 

Un mandat plus tard, ce soutien perdure, à la faveur notamment de l'engagement de M. Sissi de faire du retour de la sécurité sa priorité.

Cette question est cruciale pour les coptes, victimes d'une multiplication des attentats antichrétiens ces derniers mois.

Plus d'une centaine de personnes sont mortes depuis décembre 2016 dans des attaques antichrétiennes revendiquées par le groupe Etat islamique. L'organisation jihadiste, qui vise principalement les forces de sécurité, a aussi attaqué plusieurs églises et un bus transportant des pèlerins.

Certains coptes saluent les réponses militaires et sécuritaires fermes après ces attaques. Mais lors de plusieurs manifestations ayant suivi ces attaques, ils ont laissé éclater leur colère contre le régime.

L'absence de sondages ne permet pas de connaître avec exactitude le soutien des Coptes au président Sissi, assure à l'AFP Nevine Mossaad, professeure de sciences politiques à l'Université du Caire.

"C'est vrai que la majorité des coptes est pro-Sissi", mais les Coptes "ne votent pas comme un seul bloc", souligne-t-elle.

Discrètes ou marginalisées, certaines voix discordantes se font entendre, notamment chez les jeunes coptes politisés qui contestent la position de l'Eglise vis-à-vis du régime.

  - Rares bémols -

"L'Eglise ne représente pas tous les chrétiens" estime l'activiste Bishoy Tamri, membre de l'Union des Jeunes de Maspero (Maspero Youth Union), une organisation de défense des droits de l'Homme et de la citoyenneté des Coptes, née dans le sillage de la révolution de janvier 2011.

"Nous refusons l'exploitation des églises à des fins politiques", insiste M. Tamri, qui regrette que son association, "comme beaucoup de mouvements de la société civile", ne puisse pas être aussi active qu'auparavant en raison du resserrement sécuritaire.

A Choubra, entre les louanges au président Sissi, ceux qui tiennent un discours critique refusent de l'exprimer publiquement.

Les rares bémols concernent le coût de la vie, dans une Egypte plongée dans la crise économique.

"J'espère que (M. Sissi) apportera la sécurité aux gens simples et pauvres et leur permettra de vivre décemment" confie Angie Krollos, une jeune mère de 21 ans, qui dresse un portrait dithyrambique du candidat sortant pour lequel elle ira voter.

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