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Le «journaliste terroriste» d’Al Jazeera à demi réhabilité?

De Casablanca au Caire, les masses arabes ont longtemps adulé Taysir Alouni, la star déchue d’Al Jazeera. Mais en septembre 2005, sa carrière est stoppée nette par l’Audience Nationale, la plus haute instance pénale espagnole.

Arrêté en 2003, il avait écopé deux ans plus tard de sept ans de prison pour collaboration avec une organisation terroriste, en l’occurrence Al Qaida dans une conjoncture marquée par l´invasion de l´Afghanistan par les Etats-Unis.

Relaxé pour raisons de santé il fut autorisé, à partir d’octobre 2006, à purger sa peine chez lui, à Grenade, où il habite avec sa famille.

«La justice espagnole l´avait accusé d´avoir collecté des fonds pour les jihadistes en Bosnie, ce qu´il avait catégoriquement nié, tout comme il avait refusé de citer l´origine d´une cassette d´Oussama Ben Laden diffusée par sa chaîne», rappelle Le Temps d’Algérie.

Le Tribunal Européen des Droits de l’Homme a affirmé que le célèbre journaliste qui fut le premier à avoir fait une interview avec Oussama ben Laden après les attentats du 11-Septembre, n’a pas eu un procès impartial en Espagne. Aussi, L’État espagnol devrait l’indemniser.

«Mais presque toute la presse espagnole a ignoré le verdict» fait remarquer dans son blog le journaliste Ignacio Cembrero, spécialiste du Maghreb à El Pais, qui n’hésite pas à prendre la défense de son confrère.

«La condamnation d’Alouny suscita un grand émoi dans le monde arabe.  Quand ils apprenaient que j’étais espagnol les chauffeurs de taxis el les serveurs de café de Casablanca ou de Tunis m’interpellaient  sur les raisons de son emprisonnement» témoigne Ignacio Cembrero.

Le Tribunal de Strasbourg a condamné l’État espagnol à verser à Alouny une indemnisation de 10.000 euros auxquels s’ajoutent 6.000 euros de frais de justice.

«Il n’y a eu qu’une dépêche de l’agence de presse privée Europa Press, dont presque personne ne s’est fait l’écho, a peine un entrefilet dans l’un des quotidiens de Madrid. Quelle honte pour la profession journalistique! Depuis ce blog je présente mes excuses à Taysir!» s’insurge Cembrero. 

Lu sur El Pais, Le Temps d’Algérie

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