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Ces dirigeants africains dans le collimateur de la justice française

D’après des documents confidentiels, les dirigeants du Gabon, Ali Bongo, de la Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang et de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, pourraient être inquiétés par la justice française dans le cadre de l'enquête sur les «biens mal acquis», rapporte le quotidien français le Parisien.

Le 24 février dernier, au terme de dix jours de perquisition dans l'hôtel particulier de la famille de Teodoro Obiang, quelques 200 m3 de biens, essentiellement des meubles et objets de «grande valeur», avaient été saisis, selon une source proche de l'enquête.

Mais l’instruction judiciaire ne s’arrêterait pas là. Le quotidien informe que la justice française devrait prochainement s’intéresser aux familles d’Ali Bongo et Denis Sassou-Nguesso.

Ils sont également soupçonnés de s’être servis dans les caisses d’entreprises de leur pays pour couvrir leurs frais personnels en biens mobiliers et immobiliers en France, plus particulièrement à Paris et sur la Côte d’Azur.

Tracfin, l’organisme du ministère des finances français chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent, a relevé dans une note les sommes astronomiques dépensées par ces chefs d’Etat et leur entourage.

Appartement luxueux, bijoux, costumes de haute couture, yacht et autres virements de comptes d’entreprises sur les comptes personnels, les familles des présidents africains se seraient largement enrichies.

Denis Sassou-Nguesso se serait offert pour 276.000 euros de costumes chez un tailleur du 8e arrondissement de Paris, la sœur d'Ali Bongo, Pascaline aurait acheté près de 160.000 euros d’armagnac au frais de pipeline Gabon et d’Afrijet Business et sa femme, Sylvie Bongo, aurait dépensé près d’un million d’euros dans des enseignes de luxe en une année, précise le quotidien.

Quant au patrimoine immobilier des familles, il serait très impressionnant: appartements, hôtels particuliers, parkings, piscines dans le bien connu Triangle d'or des 7e, 8e et 16e arrondissments de Paris.

D’après une enquête de la police de 2007, la famille Bongo possédait 39 biens immobiliers et la famille Sassou-Nguesso 24.

D’autres chefs d’Etat africains sont suspectés par la justice française de détournement de fonds publics. William Bourdon, avocat de l’ONG anti-corruption Transparency International à l’origine de cette procédure judiciaire ne compte pas en rester là.

«Nous travaillons sur le patrimoine immobilier d’Abdoulaye Wade, le président du Sénégal, et de son fils Karim. Plusieurs éléments liés au climat de corruption du 2ème mandat du président Wade font l’objet de vérifications. Elles pourraient déboucher sur une procédure judiciaire en France et à l’étranger. Notre plainte pourrait être élargie au Sénégal et à d’autres pays africains», a-t-il déclaré au quotidien.

Les associations qui ont porté plainte dans cette affaire dénoncent une lenteur volontaire du parquet de Paris. Cela ferait plus de dix ans qu'il aurait été alerté sur ces mouvements financiers suspects.

Après un premier dossier classé «sans suite» en 2007, une nouvelle plainte avait été jugée recevable en 2009 que la Cour de Cassation n'a que définitivement validée en novembre 2010, rappelle le quotidien.

Lu sur Le Parisien

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