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Soudan - Le ministre de la Défense devant la CPI?

Mise à jour du 4 mars: le président soudanais Omar el-Béchir et son ministre de la Défense ont dansé samedi 3 mars lors d'un rassemblement militaire à Khartoum, deux jours après que la Cour pénale internationale (CPI) eut lancé un mandat d'arrêt contre ce dernier.

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La Cour pénale internationale (CPI) a délivré le 2 mars un mandat d’arrêt à l’encontre du ministre soudanais de la Défense nationale, Abdel Raheem Muhammad Hussein.

Il est accusé de 41 chefs de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre qui auraient été commis au Darfour (à l'ouest du Soudan) en 2003 et 2004, rapporte l'agence Panapress reprise par le site d’information Afrique en ligne.

Abdel Raheem Muhammad Hussein était, à l'époque des faits, ministre de l’Intérieur et Représentant spécial du Président soudanais Omar El-Béchir, précise la CPI.

La Cour avait été saisie des crimes commis au Darfour par le Conseil de sécurité des Nations unies en mars 2006, à la suite des recommandations d’une commission d’enquête conduite par le juge italien Antonio Cassese.

Pour les juges, il existe des motifs raisonnables de croire que M. Hussein est pénalement responsable de 20 chefs de crimes contre l'humanité dont la persécution, l'assassinat, les transferts forcés, le viol, des actes inhumains, l'emprisonnement ou la privation grave de liberté et la torture et de 21 chefs d'accusation de crimes de guerre relatifs à l'assassinat et à des attaques contre la population civile.

Selon le mandat d’arrêt, M. Hussein a assuré «la coordination générale des organes de sécurité» ainsi que «le recrutement, l’armement et le financement des forces de police et des miliciens Janjawid» dans le cadre d’attaques lancées contre les membres d’ethnies Fur, Masalit et Zaghawa, considérés comme des supporters des rebelles, en guerre contre le régime de Khartoum depuis 2002.

Les juges estiment que M. Hussein a apporté des contributions essentielles dans l'élaboration et la mise en œuvre du plan commun grâce au rôle de coordination pour tout ce qui concerne les agences de la sécurité nationale, étatique et locale.

Pour eux, son arrestation est nécessaire pour sa comparution au procès et pour veiller à ce qu'il n'entrave pas ou compromette les enquêtes.

Avec la délivrance de ce nouveau mandat d’arrêt, Abdel Rahim Mohammed Hussein vient donc allonger la liste des fugitifs recherchés par le procureur de la CPI: l’ex-ministre de l’Intérieur Ahmed Harun, le chef de l’Etat Omar el-Béchir et le chef de milice Janjawid Ali Kusheib.

A ce jour, aucun de ces mandats n’a été exécuté. L’Union africaine s’opposant à la Cour, elle a invité ses membres à ne pas coopérer avec la juridiction de La Haye, rapporte RFI.

Lu sur Afrique en ligne

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