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Côte d'Ivoire - Une plaque tournante du trafic de cocaïne?

Les services de douanes de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, en Côte d'Ivoire, ont saisi 2,5 kilogrammes de cocaïne sur un ressortissant nigérian en provenance du Brésil, a annoncé le 1er mars la télévision ivoirienne,.

L’homme de 48 ans a été interpellé à sa descente d’avion avec deux sacs dans lesquels étaient dissimulés 273 sachets de drogue sous des vêtements, précise le site d’information Connexion Ivoirienne.

«Nos services ont été alertés par la nervosité et le profil du suspect», a indiqué le chef de la subdivision des stupéfiants des Douanes, Pierre Ouléhi.

Si le trafic et la consommation de drogues sont en forte hausse en Côte d’Ivoire, c'est toute l'Afrique de l’Ouest qui est concernée. La région deviendrait même une plaque tournante de la cocaïne latino-américaine vers l’Europe.

Les nombreuses arrestations le montrent. En janvier 2012, un Guinéen avait été arrêté à l'aéroport international de Bamako au Mali avec 30 boules de cocaïne dans son estomac. Elles ont pu être détectées grâce à des appareils, explique le portail d'information Afriquinfos.

Le même mois, c’est à l'aéroport international de Conakry en Guinée qu’un colis qui s'apprêtait à embarquer à bord d'un vol d'Air France avait été intercepté. Il contenait 22 kilogrammes de cocaïne, selon la même source.

«On estime à un tiers le volume de la cocaïne pour l'Europe qui transite désormais par l'Afrique», indiquait le 27 janvier à l’AFP le commissaire Thierry, chef de l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants de la police judiciaire française.

«La route principale par les Caraïbes étant de plus en plus contrôlée, la route africaine est en plein essor depuis dix ans... La côte ouest de l'Afrique, c'est une zone de 16 pays sans vraie cohésion politique et répressive, et avec un état de nécessité réel (de couches de la population). Cela ne coûte pas cher d'y stocker de la drogue, et c'est moins dangereux qu'ailleurs», a conclu le policier.

Selon un rapport de 2009 de l'ONUDC (office de l'ONU pour la lutte contre la drogue), près de 100 tonnes de cocaïne auraient transité par l'Afrique de l'Ouest sur cinq ans.

Fin octobre 2011, le projet AIRCOP a été lancé à Dakar par les Nations Unies et les autorités sénégalaises pour barrer la voie aéroportuaire aux narcotrafiquants. L’objectif: établir un échange d'informations sécurisé en temps réel entre les pays d'origine, de transit et de destination du trafic de cocaïne, rapporte Afriquinfos.

Lu sur Connexion Ivoirienne

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