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Tunisie - Ces Tunisiens qui se battent pour la dépénalisation du cannabis

La révolution en Tunisie n'a pas fini de repousser les limites.

«Les pratiques étranges ne cessent d’augmenter dans la Tunisie post-révolutionnaire. Après le phénomène du djihadisme, du salafisme, du 6ème Califat, de l’excision… une manifestation a été annoncée pour la dépénalisation de la consommation du cannabis ou zatla en Tunisie», observe le magazine économique Investir en Tunisie.

Samedi 18 février à Tunis, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le siège de l'Assemblée Nationale Constituante pour la dépénalisation de la consommation du zatla, rapporte le site d'information tunisien Tekiano.

Munis de bonnets et tee-shirts aux couleurs «red, gold, green» du mouvement rasta, ils ont répondu présents à «Legalize it», un appel à la manifestation lancé sur Facebook. Le slogan: «Tous unis pour la légalisation du cannabis».

«Il ne s'agit pas d'une incitation à la consommation. C'est juste un appel à la dépénalisation. Les arrestations et les tests se font, généralement, d'une manière arbitraire avec un mépris total de l'intégrité du corps humain», déclare Dajla Douici, jeune actrice connue pour avoir joué dans le feuilleton ramadanesque de Njoum Ellil.

En Tunisie, un fumeur de cannabis risque entre 1 an de prison et une amende de 1.000 dinars d’après une loi du début des années 1990, précise Investir en Tunisie.

Les manifestants, dont la moyenne d'âge avoisinait les 20 ans, clamaient des slogans adressés à Rached Ghannouchi, leader du Mouvement Ennahda, à la police ou encore aux élus de l'Assemblée Constituante.

«Vous avez laissé Ben Ali alors qu'il est dealer. Et vous nous emprisonnez pour consommation!»

Des mères, dont les fils ont été emprisonnés pour consommation de cannabis, avaient également rejoint les manifestants. Pour elles, ces inculpations ont «détruit leur avenir».

«Il ne faut pas qu'on ne nous comprenne mal. Nous voulons juste l'abolition de cette loi extrêmement sévère» explique Amine Sassi. Ce jeune étudiant la considère «une question de liberté individuelle».

ll ajoute: «les conséquences de la consommation du cannabis ne représentent rien si on les comparerait à ceux de l'alcool par exemple». Pour lui, «les sanctions sont trop sévères»«La consommation de drogues nettement plus nocives comme l'"artal" (les comprimés Parkizol 500) est passible d'une peine beaucoup moins élevé», relève-t-il.

Un sit-in a eu également lieu le 23 février devant le ministère de la Justice pour contester l’arrestation de 9 personnes pour consommation de cannabis dont trois artistes de rap Emino, Weld El 15, Madou MC.

Lu sur Tekiano, Investir en Tunisie

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