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Le manioc, l'arme fatale contre le réchauffement climatique

«Le manioc est un survivant, une sorte de Rambo des cultures vivrières», affirme le scientifique Andy Jarvis. Il a dirigé des travaux de recherche qui démontrent les vertus du manioc face aux changements climatiques, relate la BBC

Publiée le 26 février dans la revue Tropical Plant Biology, cette étude a été réalisée conjointement entre l’International Centre for Tropical Agriculture et le centre Climate Change Agriculture and Food Security Research Programme.

«Alors que d’autres denrées peuvent souffrir de la chaleur et d’autres conséquences liées au changement climatique, le manioc se développe», a expliqué Andy Jarvis à la BBC.

Le manioc est consommé par près de 500 millions d’Africains par jour et le Nigeria est le premier producteur «avec 36 à 37 millions de tonnes chaque année», selon le rapport.

Avec de faible besoin en eau, le manioc est hyper-résistant au changement climatique par rapport aux autres cultures comme le maïs, la pomme de terre, le mil ou encore le sorgho.

News 24 rapporte que vingt-quatre prévisions de changement climatique ont été testées sur les différentes plantes et que le manioc a surpassé les autres.

«Il prospère dans des températures élevées et si la sècheresse frappe, il arrête de pousser jusqu’à l’arrivée des nouvelles pluies», précise le scientifique.

Selon les estimations, la température pourrait augmenter de 2°C en moyenne en 2030. Selon le Guardian, les résultats de cette découverte offre de nouvelles perspectives pour combler les carences alimentaires en Afrique.

«Nous avons très peu de bonnes nouvelles concernant les conséquences des changements climatiques sur l’agriculture et enfin, nous avons le trouvé le manioc», se réjouit Andy Jarvis.

Le manioc peut améliorer la nutrition et réduire les risques liés au climat, explique le Guardian. Pourtant, le scientifique et auteur principal de l’étude émet des réserves. Les recherches concernant le manioc ont été étouffées au profit d’études sur le maïs, le blé ou encore le riz.

«J’espère que ces résultats feront écho dans la communauté scientifique pour que le manioc soit étudié à nouveau», a confié Andy Jarvis à la BBC.

En novembre dernier, les scientifiques de l’ONU ont averti des dangers de plusieurs virus qui contaminent le manioc. Selon le scientifique, les maladies comme la mosaïque du manioc ou la striure brune du manioc sont les seuls obstacles à cette culture.

Pour lui, le manioc pourrait contribuer à «la sécurité alimentaire pour des millions de personnes.»

Lu sur Tropical Plant Biology, BBC, News 24, Guardian

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