SlateAfrique

mis à jour le

Tunisie - Le président Marzouki veut héberger Bachar Al-Assad

Mise à jour du 8 mars: Le président tunisien Moncef Marzouki a réitéré qu'il était prêt à accorder l'asile au président syrien Bachar al-Assad, après le refus russe de l'accueillir, en vue d'"arrêter les massacres" au Syrie. «Si vous voulez arrêter les massacres, il faut une solution à la yéménite: que le président quitte le pouvoir et qu'il trouve un asile sûr, un endroit où aller», a expliqué M. Marzouki.

***

Dans l'élan du Printemps arabe, la Syrie est empêtrée dans une crise profonde depuis plusieurs mois. Le président syrien Bachar el-Assad réprime la révolte de sa population dans la violence. Et cette répression a déjà fait plus de 7.500 morts. Actuellement plusieurs pays arabes tentent de mettre fin à ces troubles. Ainsi, le président tunisien Moncef Marzouki a déclaré que le pays du Maghreb était disposé à accorder l’asile à Bachar Al-Assad.

Le chef d’Etat tunisien s’est longuement exprimé dans une interview pour le quotidien tunisien La Presse. Quand la question d’un possible asile en Tunisie accordé à Al-Assad est posée, le président Marzouki se montre clair.

«Je vous assure que je serai le premier heureux à le faire. La seule chose qui compte pour moi, c’est qu’on arrête ce massacre…»

Le 24 février, lors du Congrès des Amis de la Syrie organisé en Tunisie, Marzouki avait déjà évoqué plusieurs propositions devant les 60 pays participants, indique RFI. Ce jour-là, il avait affirmé que la Russie serait disposée à accueillir le président syrien. Des propos que le Kremlin a peu goûtés. Les autorités russes ont demandé président tunisien de ne pas parler en leur nom. Le président évoque cet épisode dans l’interview:

«J’ai cité le nom de la Russie, j’aurais pu citer d’autres noms: l’Argentine ou le Mexique ou n’importe quel pays. La réponse de nos amis russes a été plutôt fraîche, nous conseillant de nous mêler de [nos affaires, ndlr]... La réponse, moi, elle m’a inquiété, dans la mesure où elle montre que, malheureusement, nous ne sommes pas dans une logique de paix.»

Lors de la conférence, la Tunisie et le Qatar ont proposé le déploiement d’une force arabe de paix. Une suggestion qui n’a pas convaincu l’ensemble des pays amis du peuple syrien pour l’instant.

«Encore une fois, si jamais nos frères syriens le demandent, eh bien, je pense qu’effectivement, nous pourrons avoir une force d’interposition arabe et la Tunisie serait très heureuse d’y participer, explique t-il à La Presse.

Le plan d’intervention arabe proposé est baptisé Emir Abdelkader, nom de code qui fait référence à un personnage historique.

«A la fin du 19e siècle, l’Emir Abdelkader a joué un rôle très important pour protéger les minorités chrétiennes et pour pacifier. Je pense que sur le plan symbolique, ce serait quelque chose de très beau à faire, dans la mesure où, de nouveau, des Maghrébins —donc je vois cette force d’interposition arabe composée essentiellement de Maghrébins— reviennent à cette tradition de pacification  et de protection des minorités.»

Lu sur La Presse, RFI

A lire aussi

Syrie et ailleurs : les observateurs, ça sert à quoi?

Syrie-Algérie: même combat?

Le pire observateur des droits de l'homme est en Syrie

Vu d'Alger: Syrie, le spectre d'al-Qaïda