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Comment Boko Haram terrorise aussi l'économie du Niger

Depuis plusieurs mois, le Nigeria vit dans la terreur. La secte islamiste Boko Haram a perpétré plusieurs attentats dans le pays. Et ces troubles ont des conséquences sur l’économie du Niger voisin, comme l’explique The Christian Science Monitor.

Ainsi, pour empêcher l’entrée des terroristes islamistes sur son territoire, le Niger a dû fermer sa frontière avec le Nigeria. Un coup dur pour l’économie du pays notamment pour le Diffa, région du sud-est. Depuis plusieurs générations, ses échanges économiques se font davantage avec le Nigeria, situé à proximité, qu’avec les centres commerciaux du Niger.

Les principales productions de la région (bétail, produits laitiers, poivre rouge) trouvent des débouchés en grande partie sur les marché nigérians. De plus, le Diffa entretient des liens solides avec le Nigeria. A tel point que dans la région, la monnaie la plus courante est le naira nigérian.

La fermeture de la frontière porte préjudice aux travailleurs nigériens qui pouvaient chercher de l’argent et du travail au Nigeria quand les temps étaient durs. Ce problème ne pouvait pas arriver à un pire moment. En effet, le pays doit actuellement faire face à une sécheresse qui augmente les prix de la nourriture et du bétail.

Outre l’économie du Diffa, les violences perpétrées par Boko Haram mettent également en péril la sécurité de la région. Début février, les autorités ont arrêté 15 individus suspectés d’être affiliés à la secte Boko Haram et saisi des grenades et des bombes artisanales. Tinni Djibo, assistant du secrétaire général de la région, a également précisé qu’un attentat visant plusieurs places publiques de la région de Diffa a été déjoué.

«Jusque-là, il n’ y a eu, à ma connaissance, aucune attaque au Niger mais cet incident nourrit forcément des inquiétudes. La politique des autorités nigérianes visant à expulser les étrangers du pays implique que des membres de Boko Haram peuvent finir dans les pays frontaliers. Pays où ils peuvent tenter de commettre des actes de violence.»

L’année dernière, la secte Boko Haram n’avait pas hésité à s’attaquer à une église dans la nuit de Noël.

Lu sur The Christian Science Monitor

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