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Afrique du Sud: neuf policiers devant la justice dans l'affaire du massacre de Marikana

Neuf policiers ont comparu jeudi devant un tribunal d'Afrique du Sud pour le meurtre de trois mineurs qui avait précédé en 2012 la répression meurtrière et controversée par les forces de l'ordre d'une grève de salariés de la mine de Marikana (nord).

Ces membres des forces de l'ordre sont les premiers officiellement poursuivis dans le cadre de ce massacre, qui s'est soldé par la mort de 34 personnes abattues par la police.

Cette fusillade, la pire depuis la fin officielle du régime de l'apartheid en 1994, avait déclenché une violente vague d'arrêts de travail dans les mines du pays, faisant une soixantaine de morts.

Alors membre du conseil d'administration du groupe britannique Lonmin propriétaire de la mine de platine de Marikana, le nouveau président sud-africain Cyril Ramaphosa avait été accusé d'avoir fait pression pour que la police intervienne et mette fin à la grève.

Il avait toutefois été blanchi par une commission d'enquête.

Les neuf policiers déférés jeudi devant un juge sont accusés d'avoir participé aux meurtres, quelques jours avant le massacre du 16 août 2012, de trois salariés de la mine, a annoncé la "police des polices" sud-africaine (Ipid) dans un communiqué.

Tous ont été placés sous contrôle judiciaire jusqu'à une prochaine audience prévue en juin prochain.

Deux salariés avaient été tués lors de violents affrontements avec les forces de l'ordre, dont deux membres avaient également trouvé la mort. Les victimes ne présentaient "aucune menace" pour la police, a affirmé jeudi le procureur.

Le corps sans vie du troisième mineur avait été découvert dans un véhicule de police.

Une commission d'enquête officielle a attribué en 2015 l'essentiel de la responsabilité du massacre du 16 août à la police.

Sa chef, Riah Phiyega, avait dans la foulée été suspendue par le président sud-africain Jacob Zuma. Mais aucun autre responsable des forces de l'ordre n'a encore été jugé.

Le gouvernement s'est dit prêt à indemniser les familles des victimes mais, plus de cinq ans après les faits, aucune d'entre elles n'a encore touché le moindre rand.

Le mois dernier, M. Ramaphosa avait indiqué vouloir "panser les plaies" ouvertes par ce massacre.

AFP

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