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Des ONG demandent à l'Unesco l'abolition définitive du prix Obiang


Le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema le 3 novembre 2011 lors du sommet du G-20 AFP/Archives Eric Feferberg

Plusieurs ONG ont demandé lundi à l'Unesco de renoncer définitivement à l'attribution d'un prix portant le nom du président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, lors d'un conseil exécutif de l'organisation qui se tient jusqu'au 10 mars.

"Le conseil exécutif de l'UNESCO devrait abolir un prix financé par le président de Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, et portant son nom", ont déclaré dans un communiqué sept ONG de droits de l'homme et anticorruption, dont Human Rights Watch (HRW), Sherpa, Global Witness ou le Comité de protection des journalistes.

"Le prix Unesco-Obiang est entaché de façon irréversible par son association avec la répression et la corruption de haut niveau du gouvernement du président Obiang", a déclaré l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, cité dans le communiqué des ONG.

Ce prix d'une valeur de trois millions de dollars a été créé en 2008 et il est destiné à "récompenser la recherche en sciences de la vie". Mais face aux polémiques, sa remise est suspendue depuis 2010, le conseil exécutif, composé de 58 Etats membres de l'Unesco, ayant jugé qu'il était sage de procéder ainsi dans l'attente d'un consensus au sein de l'organisation.

Cette suspension avait été maintenue en octobre 2011, et un groupe de travail créé pour proposer des solutions.

Une discussion sur le sujet figure bien à l'ordre du jour de la session du conseil exécutif qui s'est ouverte lundi. Mais aucune date précise, d'ici au 10 mars, n'a été fournie par l'Unesco.

De nombreuses ONG s'insurgent contre le passif en matière de corruption et de droits de l'homme de Teodoro Obiang Nguema qui dirige d'une main de fer la Guinée équatoriale depuis 1979.

Ce petit Etat d'Afrique centrale est le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne mais l'essentiel de sa population (moins d'un million d'habitants) vit dans la pauvreté.

De plus, la famille du chef d'Etat fait l'objet d'une enquête pour corruption menée par la justice française. Cette dernière vient de procéder à une perquisition, pendant 10 jours, dans le demeure parisienne du fils du président équato-guinéen, saisissant 200 m3 de biens.

Les ONG ont également rejeté dans leur communiqué la possibilité que le prix soit attribué, mais qu'il ne porte par le nom de Teodoro Obiang Nguema.