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La Réunion - La bataille contre la vie chère ne fait que commencer

Ils n’étaient plus qu'une cinquantaine d'émeutiers de samedi 25 et dimanche 26 février dans les quartiers de Pretoria et de la Palissade au sud de La Réunion. Seuls Saint-Louis et le Tampon ont connu quelques agitations, rapporte la télévision Réunion 1ère.

Il semblerait que les décisions prises lors de la table ronde du 24 février —qui a réuni notamment les pétroliers, les transporteurs et la préfecture— aient calmé les esprits. Il a été décidé qu’à compter du 1er mars le prix des carburants allait baisser de 8 centimes et que les prix de produits de première nécessité seraient baissés ou gelés.

Durant tout le week-end, élus, associations de consommateurs, pétroliers, transporteurs et grande distribution se sont retrouvés à la préfecture.

«On est là pour voir les produits de la liste et voir ce qu'il est possible ou non de faire. (…) Pour nous, 40 produits c'est peu, il faudrait une liste plus conséquente», explique Jean-Pierre Lajoie, président de l'UFC Que Choisir.

Allant du riz à l'huile, en passant par le poulet, le porc, mais aussi les légumes et les œufs, une liste de 40 produits doit être présentée à la population réunionnaise le 28 février, à l'issue d'une assemblée plénière de l'Observatoire des Prix.

Une liste qui sera travaillée en concertation avec la grande distribution et les producteurs, qui restent pour le moment très discrets sur d'éventuelles avancées, précise le quotidien réunionnais Zinfo974.

Jocelyn Cavillot, délégué du syndicat Solidaires et membre de l'Observatoire des prix, ne veut pas que les décisions soient prises dans l'urgence.

«Ce que je souhaite, c'est qu'un véritable travail de fond s'installe pour une durée des accords dans le temps, et non comme il en a été le cas pour le Cospar [Collectif regroupant syndicats et associations et partis politiques, ndlr]», souligne-t-il.

Ces émeutes n'auront cependant pas laissé la Réunion indemne. En plus des dégats matériels, l’île a perdu sur le plan touristique 35% de réservations, par rapport à 2011, sur la période correspondante aux émeutes, explique l'IRT (Ile de la Réunion Tourisme). Cela représente 1.100 touristes en moins du 22 au 25 février.

«On va devoir monter une cellule de crise», explique Pascal Viroleau, directeur de l'IRT à Zinfo974.

Le dernier bilan établi par la préfecture le 26 février recensait 223 personnes arrêtées et 159 placées en garde à vue à l'issue des troubles. Le 27 février, 6 émeutiers interpellés ont été condamnés à des peines allant de six mois de prison avec sursis à trois ans de prison, dont deux fermes, précise le quotidien français Le Monde.

Lundi 27 février, Nicolas Sarkozy a indiqué sur la radio française RTL qu’il apportera en avril des réponses aux Réunionnais.

«J’aurai l’occasion d’aller à l’île de la Réunion au mois d’avril, je ferai d’autres propositions» pour y favoriser le «développement endogène», a déclaré le président, évoquant la création d’un «marché francophone» de la région et d’une «faculté de médecine».

Concernant les nuits d’émeutes, il a déclaré: «il y a d’abord un petit nombre de gens qui se sont comportés comme des casseurs». Avant d’assurer: «la Loi ne sera pas bafouée», rapporte l’info.re.

Lu sur Linfo.re, Zinfo974

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