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Sénégal - Wade se dit sûr d'avoir gagné au premier tour

Dans son interview exclusive au Journal du Dimanche (JDD) le 25 février à Dakar, le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, candidat à sa réélection, ne conçoit pas qu’on puisse se soulever contre lui. Il ne doute pas de sa victoire.

À 85 ans, il brigue un troisième mandat, mais pour lui l’âge est tout sauf un problème.

«C’est l’Afrique, ça. Je suis âgé, certes, mais j’ai la forme physique. J’ai fait plus de 140 meetings et j’ai senti chez les jeunes une confiance et une adhésion. Mon âge est devenu un avantage. Je suis le président et le père de la nation. C’est ce que les Européens n’arrivent pas à se mettre en tête», a-t-il déclaré au JDD.

Puis, il ajoute que ce n'est pas aux Européens de décider de son départ.

«Croyez-vous vraiment que si j’étais sénile, le peuple ne m’aurait pas fait comprendre qu’il était temps de partir?...Je sais que les Français et les Américains cherchent à m’embêter. Parce que je ne suis pas docile. Je répondrais comme Senghor: "Je ne suis pas le nègre de service".»

S’il ne craint pas un second tour, Wade est certain d’une victoire au premier tour, sans débordement.

«Par le passé, j’ai fait un deuxième tour contre Diouf et je l’ai battu. Mais, là, ce n’est pas possible. Ma majorité est si écrasante que je pense être élu avec un fort pourcentage dès le premier tour… Une révolte des Sénégalais contre moi n’est pas pensable!»

Pour Wade, il n’y a pas de malaise social au Sénégal, les problème de délestage, de chômage et de vie chère ne sont que l’héritage de ses prédécesseurs.

«Il y a eu des délestages électriques et c’est vrai que des gens sont descendus dans la rue. Or, ces problèmes je les ai hérités... À mon arrivée au pouvoir, les centrales étaient délabrées, j’ai réglé cette question.»

«Nous faisons face à un chômage structurel. Ce n’est pas le chômage dont vous souffrez en France. Beaucoup d’entrepreneurs se plaignent même de ne pas avoir assez de main-d’œuvre. Quant à la vie chère, j’ai hérité d’un pays qui dépendait des importations. J’ai mis en place de grands programmes agricoles. Nous sommes désormais proches de l’autosuffisance alimentaire.»

En cas de victoire au premier tour, Wade se dit prêt à travailler avec l’opposition du M23.

«Je vais former un gouvernement de large union nationale où figureront ceux qui me soutiennent mais aussi des membres de l’opposition.»

Mais lorsque le journaliste lui demande s’il y inclurait ceux qui ont demandé son départ. Il répond fermement:

«Ah non, ceux-là, je ne les prendrai pas. Je pardonne souvent mais pas cette fois-ci.»

Lu sur le JDD

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