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Mali - Paris veut dialoguer avec les rebelles

Pour la dernière étape de sa tournée africaine, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, s’est rendu au Mali le 26 février pour s'entretenir avec le président malien Amadou Toumani Touré (ATT).

Objectif de cette visite express: réaffirmer l'engagement de la France aux côtés du Mali dans la crise qui sévit au nord du pays. Si l'option militaire semble privilégiée par Bamako pour régler définitivement le problème de la rébellion touareg, Juppé prone plutôt le dialogue avec toutes les parties du conflit, rapporte le Journal du Mali.

 «Il n'y aura pas de solution militaire dans ces affrontements, et il faut donc prendre la voie du dialogue politique aussi inclusif que possible avec tous ceux qui doivent s'asseoir autour de la table et le président a tout à fait confirmé que c'était son intention», a précisé Juppé au même quotidien.

Avant le Mali, Alain Juppé s'est rendu au Bénin et au Burkina Faso, pays qui pourraient jouer un rôle clé dans la résolution de la crise.

Selon le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés aurait aujourd'hui dépassé 100.000 personnes massées aux frontières avec le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie, rapporte le quotidien malien.

La presse malienne et une partie de l’opinion publique de Bamako critiquent la diplomatie française jugée trop conciliante envers les rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), explique RFI.

Ils lui reprochent notamment sa proposition de négociation directe avec les rebelles. Or, pour le ministre français des Affaires étrangères, il faut être deux pour faire la paix.

«Est-ce que vous connaissez dans le monde, un seul exemple de situation dans laquelle on fait la paix sans parler à ses adversaires?», interroge le ministre, avant de poursuivre «C’est un dialogue politique qui peut permettre de s’en sortir et pas une confrontation. Un dialogue inter-malien est absolument nécessaire», rapporte RFI.

La société civile malienne appelle aussi à la non-ingérence de la France dans ce conflit, qui doit relever de la responsabilité seule de l'Etat malien. «Juppé, ami des rebelles», «Non à l'ingérence de la France», «Alain Juppé, dehors, le Mali est indivisible», pouvait-on lire sur les affiches de manifestants hostiles à cette visite du chef de la diplomatie française.

La rébellion touarègue menace également la tenue de l'élection présidentielle qui doit se tenir à la fin du mois d’avril prochain, précise l’hebdomadaire français Jeune Afrique.

Alain Juppé a souligné l'importance du respect du calendrier électoral.

«Le président Amadou Toumani Touré a joué un très grand rôle dans la transition démocratique ici dans ce pays et je pense qu'il est très attaché au respect du calendrier constitutionnel. Ces élections doivent avoir lieu à la date prévue et sur l'ensemble du pays y compris au nord et je crois que là aussi nous avons une convergence de vues», rapporte le journal du Mali.

Autre motif de cette visite: Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) retient encore six otages Français,

Il «faut parler négociations», mais ce qui «paraît absolument à écarter c’est la négociation avec les terroristes… Aqmi nous menace nous aussi directement, j’ai une pensée pour nos otages qui sont toujours prisonniers d’Aqmi», a déclaré le chef de la diplomatie française.

«Ce n’est pas à nous de négocier, ce n’est pas à nous de proposer des solutions dans ce domaine. Nous pouvons simplement être en appui et en médiation, mais un dialogue inter-malien est absolument nécessaire», conclut Alain Juppé.

Lu sur Le Journal du Mali

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