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Grève des médecins "résidents" Algérie: appel au boycott des examens de fin d'études

Les représentants des médecins "résidents" algériens, diplômés en formation de spécialisation en grève depuis presque quatre mois, ont appelé lundi au boycott des prochains examens de fin d'études, au risque d'une "année blanche".

Dans le cadre des négociations engagées avec le gouvernement sur ses revendications, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) avait réclamé le report de la session de "rattrapage", prévue du 18 mars au 12 avril, des examens du Diplôme d'études médicales supérieures (DEMS), sanctionnant la fin du cursus de spécialisation.

La session initiale des examens du DEMS, en janvier, a déjà été boycottée par la quasi-totalité des résidents.

"Le ministère de l'Enseignement supérieur n'a pas voulu annuler le calendrier" des épreuves, a annoncé à l'AFP le Dr Mohamed Taileb, membre du Camra, à l'issue d'une réunion de négociations, et "nous appelons au boycott des examens".

Entre 1.800 et 2.000 médecins spécialistes sont diplômés chaque année en Algérie. Si les examens sont boycottés, aucun résident de dernière année ne le sera, au risque de provoquer un embouteillage dans l'ensemble du cursus.

La validation des acquis des résidents des années inférieures et leur passage à l'année supérieure va également se poser, après quatre mois de grève des cours et de la formation clinique dans les établissements hospitaliers.

Le tout risque de créer un effet d'embouteillage, et notamment de limiter, pour les diplômés de médecine générale, les places ouvertes au prochain concours de spécialisation alors que des experts notent déjà le faible nombre de formateurs par rapport au nombre de résidents.

Équivalent des internes en France, les quelque 13.000 médecins, dentistes et pharmaciens "résidents" algériens étudient une spécialisation (quatre ou cinq ans) après obtention d'un concours qu'ils passent une fois obtenu leur diplôme de formation générale (sept ans).

Ils sont en grève depuis la mi-novembre pour réclamer notamment l'abrogation du "service civil" les obligeant à exercer entre un et quatre ans dans des zones parfois reculées au terme de leurs longues études, en plus des 12 mois de service militaire, obligatoire pour tous les Algériens de sexe masculin.

Ils demandent aussi une réforme de leur formation, la révision du statut de "résident" et la possibilité de bénéficier, comme les autres Algériens, des dispenses de service militaire après 30 ans.

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