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Madagascar - L'obsession maladive des Malgaches pour le riz

Tous les Malgaches vous le diront: ils sont des mangeurs de riz. Rouge ou blanc, mou ou sec et non collant, le riz est l’aliment de base à Madagascar. On en consomme parfois trois fois par jour, bien qu’une part importante de la population vivant sous le seuil de pauvreté doive se contenter d’un repas quotidien.

Le problème est que le riz est devenu une obsession pour les Malgaches dont une grande partie souffre de malnutrition surtout chez les enfants.

D’après l’Unicef, la moitié des enfants malgaches de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance. Madagascar figure au sixième rang mondial dans ce triste classement.

La pauvreté n’est pas le seul facteur explicatif de ce phénomène. Les derniers chiffres datant de février 2012 du Southern Africa Food Security Update indique que 80% de la population vit avec moins d’un dollar par jour et que les ménages pauvres consacrent 74% de leurs revenus à la nourriture.

Pour Irin, l'agence d'information des Nations unies pour les affaires humanitaires, le taux élevé de retard de croissance est plutôt lié à «l’obsession malgache pour le riz».

Amal Bennaim, experte en nutrition à l’Unicef, témoigne du paradoxe malgache:

«Nous avons découvert que la plus forte présence de retard de croissance n’est pas parmi les couches les plus pauvres car elles mangent des légumes qu’elles font pousser au lieu de les vendre, et ils sont riches en nutriments. Les pires cas se trouvent chez ceux qui peuvent s’acheter du riz blanc de luxe».

Pour limiter l’impact de cette obsession alimentaire, il est conseillé aux mères de donner le sein à leurs enfants le plus longtemps possible, et surtout pendant les six premiers mois.

D’autres pratiques alimentaires ont des effets néfastes. Dans un centre de nutrition de Manjakandriana, à une trentaine de kilomètres de la capitale Antananarivo, une travailleuse locale malgache raconte:

«Nous disons aux femmes de nourrir exclusivement au sein leurs enfants pendant les six premiers mois, mais souvent elles n’ont pas assez de lait. Alors elles donnent aux bébés du thé ou du café en plus».

Dans ce centre de nutrition que fréquentent 200 mères et 300 enfants de moins de cinq ans, on apprend aux femmes à faire pousser des fruits et légumes qui peuvent être ajoutés aux repas de leurs enfants à faible coût. 

Selon un rapport publié en février par l’ONG Save The Children UK, 170 millions d’enfants souffrent de malnutrition dans le monde et plus de 450 millions seront affectés de retard de croissance dans les 15 prochaines années, rapporte Irin.

Lu sur Irin

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