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Rwanda - La bévue de la justice française n'arrange pas les relations entre Paris et Kigali

Le Rwanda l'accuse de génocide et veut l'extrader de France: mais le tribunal de Paris a perdu son dossier, rapporte RFI.

La récente bévue de la Cour d’appel, censée examiner la demande d'extradition du Rwandais Hyacinthe Nsengiyumva Rafiki vers son pays, ne devrait pas réchauffer les rapports entre les deux Etats. 

Le 20 février, face au refus du Rwanda d’agrémenter Hélène Le Gal, nouvel ambassadeur de France dans le pays africain, le gouvernement français a rappelé Laurent Contini, actuellement en poste. Un nouvel épisode qui a tendu les relations diplomatiques entre les deux pays.

En 1994, Rafiki était ministre des Transports au Rwanda. Le gouvernement rwandais l’accuse d’avoir participé au génocide. Un mandat d’arrêt avait été lancé contre lui en 2008, le Rwandais avait été interpelé et placé sous contrôle judiciaire l'année dernière.

Une dizaine de demandes d’extradition formulées par le Rwanda à l'encontre de présumés génocidaires ont déjà été rejetées par la justice française. La situation rafraîchit donc les rapports déjà tendus entre la France et le Rwanda et provoque l’ire des principaux victimes du génocide.

Président du collectif des parties civiles du Rwanda, Alain Gauthier ne cache pas sa colère:

«La présidente du tribunal dit que ce n’est pas la première fois que cela arrive. Mais dans un dossier qui concerne un présumé génocidaire, je pense quand même qu’il y’a des précautions à prendre. Pour nous, c’est complètement inadmissible. Ce que je dénonce, c’est cette sorte de complaisance dont font preuve les magistrats français chaque fois qu’ils ont affaire à des présumés génocidaires.»

Selon l'avocat de Rafiki, la perte du dossier d’extradition n’arrange pas non plus les affaires de son client.

«Mon client, cela ne l’arrange pas du tout ! Ce qui arrange mon client, c’est d’avoir une décision qui montre qu’il n’y a rien dans ce dossier, absolument aucun élément d’enquête. Les Rwandais ont commencé leur enquête en 2011, alors, on veut faire croire que le Rwanda a découvert presque vingt ans après les faits que c’était un dangereux génocidaire, alors que le procureur du TPIR n’a jamais sorti un dossier contre lui. C’est de la rigolade!»

Si le dossier n’est pas retrouvé, les juges pourraient annoncer la fin de la procédure d'extradition la semaine prochaine. Rafiki n’est pas blanchi pour autant puisqu’en France, le collectif des parties civiles du Rwanda a déposé une plainte contre lui l’année dernière.

Lu sur RFI

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